Dernier week-end avant l’augmentation du prix de 20 centimes des cigarettes et de 40 centimes du tabac à rouler. A Mouscron, juste à la frontière belge, on se prépare à accueillir les Français : 98% de la clientèle. L’AFP vient d’y consacrer un reportage. Edifiant.
Ambiance : les enseignes criardes clignotent en plein jour au-dessus de vitrines remplies de seaux de tabac, empilés les uns sur les autres. Huit débits de tabac se serrent sur une cinquantaine de mètres de trottoirs, à l’entrée de la ville frontalière. Plusieurs établissements sont ouverts de six heures à minuit, sept jours sur sept, deux appartenant au même propriétaire pakistanais.
« Le chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter », témoigne une vendeuse, « les gens viennent de Lille, de Paris, de Bordeaux … » Sur les étagères et dans la vitrine, s’entassent des dizaines de seaux et de boîtes de tabac destiné à être roulé. Les étiquettes ne mentionnent pas de poids mais le nombre de cigarettes pouvant être fabriquées : de 240 à 1 600.
Les clients venus s’approvisionner parlent … prix, évidemment : « c’est vraiment moins cher qu’en France. Je n’ y achète plus jamais de cigarettes » explique une habitante de Tourcoing. Pour Marvin, un étudiant d’Arras, c’est son premier voyage : « quelques paquets de clopes et un pot de 400 grammes de tabac, à 37 euros pour 800 cigarettes … J’en ai eu pour 50-60 euros ; en France, ça aurait fait 90 euros ».
A trois kilomètres de là, au Courbet, l’un des débits de tabac les plus proches de la frontière voit ses ventes de cigarettes diminuer sans discontinuer : « le volume des ventes a fondu de moitié en dix ans » constate, fataliste, le gérant du bar-tabac.
Et le reportage de conclure sur la baisse de 14% des ventes de cigarettes dans le Nord-Pas-de-Calais, au cours du premier semestre 2013 et sur l’explosion des ventes de tabac en vrac : + 26,4% (à 5,41 millions de tonnes) au cours de la même période, selon des chiffres du ministère belge des Finances, transmis à l’AFP.




