Comment financer l’idée d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, liée à la dépendance ?
À l’occasion d’une tribune dans L’Opinion du 3 juillet, Emmanuel Combet (Docteur en économie et ingénieur agronome travaillant pour l’Ademe – Agence de la Transition écologique) démonte le recours à une nouvelle fiscalité sur le tabac … qui pourrait apparaître au nom d’une « certaine » politique de santé publique.
•• « (…) Parmi les pistes de financement possibles, outre une seconde journée de solidarité, certains sont tentés de pencher du côté des impôts sur la dépense et autres droits d’accise.
L’exemple de la fiscalité du tabac est à cet égard instructif : avec 83 % de taxes, la cigarette rapporte chaque année pas moins de 16 milliards d’euros à l’État.
•• L’objectif de santé publique affiché au départ – diminuer fortement la consommation en la taxant – semble avoir été relégué au second plan depuis longtemps, au profit d’un objectif plus inavoué mais constant : s’assurer une manne financière stable, en misant sur l’inélasticité de la demande au prix. Depuis plusieurs années, l’État n’a donc pas hésité à augmenter fortement les taxes sur le tabac.
•• « Mais cette politique de manne fiscale qui cache son nom pourrait bien avoir atteint sa limite. Non pas à cause d’une forte diminution de la consommation de tabac, mais parce que les consommateurs, confrontés à la hausse du prix, adoptent des comportements d’arbitrage.
« Le premier arbitrage a lieu entre le canal légal du buraliste et les sources d’approvisionnement illégales, que ce soit la contrefaçon, la contrebande ou la revente de stocks par des réseaux criminels. Selon KPMG, les seules cigarettes contrefaites et de contrebande représenteraient en France près de 14 % de la consommation en 2019 et un manque à gagner en recettes fiscales de près de 3 milliards d’euros (voir 18 juin). Lire la suite »