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3 Août 2012 | Institutions
 

Le site Mediapart d’Edwy Plenel (ancien rédacteur en chef du Monde) a consacré, ce jeudi 2 août, un long papier sur les projets de modification de la fiscalité du tabac (voir Lemondedu tabac du 30 juillet), en s’appuyant exclusivement sur les réactions de Catherine Hill (du Service de biostatistique et d’épidémiologie de l’Institut Gustave Roussy).

Pour la  chercheuse, qui s’apprête à remettre à l’INCa (Institut national du Cancer) une étude sur « l’impact de l’augmentation des prix sur la consommation de tabac », le projet montre que « le ministre n’a rien compris ».

« C’est un scandale. Tout est fait dans ce système de taxation du tabac pour que personne ne puisse rien y comprendre. » Selon la chercheuse, « ce n’est pas un projet de santé publique. C’est le taux global de la taxation qu’il faudrait augmenter. Le ministère s’est fait manipuler ».

Catherine Hill s’attaque aussi aux propos de Jérôme Cahuzac, déclarant que « toute hausse du prix du tabac favorise les produits de moindre qualité et les moins chers, dont on dit qu’ils sont les plus nocifs », qui sont , pour elle, inacceptables. « C’est monstrueux de dire que les produits chers sont de meilleure qualité. C’est une intox monumentale, et dangereuse ».

Autre point de cette contribution : la fiscalité, même intelligemment réformée, ne peut constituer une politique de santé à elle toute seule. Des études ont montré que les fumeurs inhalent plus fortement leurs cigarettes après une augmentation des prix et qu’un certain nombre se détournent des cigarettes manufacturées pour se tourner vers d’autres produits.

Mediapart boucle son article sur une enquête de l’OFDT (Observatoire français des drogues et des toxicomanies) et montrant que ce sont les fumeurs les plus dépendants et les fumeurs les plus pauvres qui achètent du tabac étranger ou de contrebande. « Dans ces conditions, comment prendre en compte les impératifs de santé publique sans accabler les plus pauvres ? »