Contrairement aux objectifs du ministère de la Santé, qui souhaite une augmentation forte des prix, certains cigarettiers ont baissé leurs tarifs depuis le 1er août (voir Lmdt des 2 août ainsi que des 18 et 17 juillet). Commentaires deLbération.fr dans sa rubrique « Merci de l’avoir posée » de ce 8 août.
•• « Il y a en permanence des ajustements », confie Éric Sensi-Minautier, directeur des affaires publiques, juridiques et de la communication de British American Tobacco France, « mais il ne s’agit pas d’un mouvement d’ensemble sur le marché ». Pascal Montredon confirme cette variabilité du prix des cigarettes et précise : « ça touche plus de références qu’à l’accoutumée ».
•• Tous les trimestres, l’État sollicite les fabricants de tabac pour la mise à jour de leurs tarifs. « On les a retouchés en février, mi-mai et le 15 juillet pour une application le 1er août », précise Éric Sensi-Minautier. Leur fluctuation peut être liée à une multiplicité de facteurs : évolution des taxes et du marché.
« Le Parlement avait voté des augmentations de taxes qui ont pris effet en janvier dernier. On avait donc augmenté les prix de nos produits pour répercuter cette hausse. Sauf qu’on s’est rendu compte que tout le monde n’avait pas suivi, comme Philipp Moris. On a décidé de revenir au prix précédent », poursuit Éric Sensi-Minautier.
•• Pour le professeur Yves Martinet, président du Comité national contre le Tabagisme (CNCT), « c’est une vanne. Lucky Strike n’a jamais atteint 7 euros, il faut arrêter de nous prendre pour des idiots ». Selon lui, les industriels du tabac cherchent seulement à relancer la consommation ternie par l’arrivée du paquet neutre en janvier 2017 et « Le Moi(s) sans Tabac ». Notamment Lucky avec « le lancement de ses nombreuses sous-marques ».
•• Du côté des buralistes : « les consommateurs sont complètement perdus, ce qui alimente la suspicion vis-à-vis des buralistes », estime Pascal Montredon, « on est en pleine guerre des prix et nous sommes clairement opposés à leur diminution ainsi qu’à leur augmentation ».
Contactés par Libération pour commenter cette baisse des prix qui va à l’encontre de leur objectif du paquet à 10 euros, les services de l’État n’ont pas répondu.




