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6 Mai 2017 | Observatoire
 

À la veille du premier tour de l’élection présidentielle, Pourquoi Docteur avait demandé à cinq personnalités de se projeter en tant que ministre de la Santé. Si Emmanuel Macron a d’ores et déjà annoncé qu’il nommerait un médecin au ministère de la Santé, les autres candidats à la présidentielle n’avaient donné aucune réponse.

Mais, le docteur William Lowenstein, médecin addictologue et président de président de SOS Addictions (voir Lmdt des 27 et 22 mai 2016), a détaillé les mesures qu’il estime nécessaire.

•• « Je ferai évoluer la législation sur le cannabis. La politique de prohibition a totalement échoué. Notre pays est devenu un des plus grands consommateurs mondiaux de cette substance psycho-active. L’abus de cannabis est devenu un problème majeur de santé publique chez les adolescents. Il ne suffira pas de légaliser pour protéger les mineurs des méfaits du cannabis quand existe un usage régulier, intensif et précoce. Afin de fortifier des politiques de préventions et de réduction des risques sur ce sujet et couper l’herbe sous le pied des réseaux mafieux, je réunirai un groupe de travail-commando sous la direction du Premier ministre pour livrer, en six mois, un projet structuré de nouvelle législation adossée à un programme sanitaire correctement budgétisé (par les taxes sur la production et la vente de cannabis) et des mesures sécuritaires pour protéger et informer les mineurs ».

•• « Le second objectif est de créer une génération sans tabac. Nous connaissons la « trilogie efficace pour faire baisser un tabagisme parmi les plus importants d’Europe (…) Elle associe paquet neutre (c’est fait), augmentation brutale du prix du paquet de cigarettes et un soutien à la meilleure arme antitabac : le vapotage ou usage de la e-cigarette sur le modèle du Royaume-Uni.

•• « Concernant l’alcool, il faut diminuer les abus et dépendances (…) Pour cela il convient de « dénormaliser » la consommation régulière et intensive d’alcool dans notre pays, retricoter la loi Evin, détricotée durant ce quinquennat, et surtout, soutenir le repérage précoce. L’accès aux médicaments régulateurs de la consommation d’alcool doit être facilité, par l’engagement des médecins généralistes et pas seulement des addictologues.

•• « L’éparpillement actuel des actions (Mildeca, ministères de l’Intérieur, de l’Économie, de la Santé, Direction générale de la Santé, etc.) explique en partie l’insuffisance des résultats sanitaires. Il nous faudra donc nous inspirer du modèle sida ou du modèle sécurité routière pour soit créer une Agence Nationale des Addictions rassemblant les acteurs disséminés, soit étendre largement les missions et renforcer les moyens de la Mildeca. Ce sont des nécessités prioritaires pour sortir du manque de coordination et d’efficacité du système actuel ».