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30 Avr 2024 | Profession
 

Exit le vert criard du logo, place aux dorures, aux boiseries, aux teints crème et aux affiches vintage. Dans le centre-ville d’Ajaccio, un PMU aux allures de salon de thé illustre le nouveau concept de « Paris Mutuels Urbains » sur lequel mise le groupe hippique pour dépoussiérer son image (voir 28 mars, 23 et 29 avril). Selon un article de Corse Matin.

En poussant la porte, l’illusion est d’ailleurs parfaite. La décoration est soignée, le cadre agréable. Une carte propose boissons et petite restauration sur le pouce. À côté du comptoir, seules quelques machines sont là pour rappeler où nous sommes, d’après le quotidien corse.

•• « Le but, c’est de moderniser notre image tout en respectant notre ADN, de s’adresser à la fois à nos clients actuels et à de nouveaux clients » rappelle Emmanuelle Malecaze-Doublet, directrice générale du groupe. Elle vise l’ouverture de 150 de ces nouveaux bistrots dans les trois prochaines années à travers toute la France, la moitié en création, l’autre en s’appuyant sur des affaires existantes, avec un « cahier des charges très strict ».

Un investissement de « plusieurs millions d’euros » qui prévoit la prise en charge de tout ou d’une partie des travaux, la fourniture du mobilier, la formation du gérant et la communication, indique la dirigeante, sans toutefois chiffrer la totalité de l’enveloppe prévue. Les gérants de ces nouveaux bistrots seront également mieux rémunérés par le groupe que ceux des PMU classiques.

« C’est un vrai levier de notre stratégie commerciale », estime Sylvain Dominé, directeur des réseaux commerciaux, rappelant que 85 % des enjeux engrangés par le groupe, (9,3 milliards d’enjeux hippiques en 2023) proviennent des 14 000 points de vente. « On a perdu des emplacements en centre-ville ces dernières années car le modèle PMU n’est pas adapté à la pression immobilière des hypercentres », explique-t-il.

•• Des projets sont également en cours à Nancy, en banlieue parisienne, ou encore à Amiens, et une dizaine de points de vente testent déjà le concept censé aider le groupe à atteindre son objectif de conquête d’1 million de nouveaux clients. « En perdant les centres-villes, on s’est retrouvé en périphérie dans des cafés plus vieillots, moins bien décorés, qui ont pu donner une image négative du PMU, alors que la clientèle des courses est bien plus large », glisse un cadre du groupe ne souhaitant pas être nommé.

Pas question pour autant d’abandonner le bon vieux bar PMU et ses 3 millions de parieurs : le groupe compte investir 40 millions d’euros dans les équipements de prises de paris. Le nouveau projet PMU +, qui sera présenté dans les prochains mois, vise à créer un compte joueur sur les équipements, ce qui permettra l’identification en points de vente souhaitée par le régulateur pour lutter contre l’addiction et le jeu des mineurs.  Aujourd’hui, seuls les parieurs qui misent plus de 1 000 euros doivent s’identifier.

En 2023, 78 millions d’euros ont été mis en jeu par les parieurs corses, précise Corse Matin.