Suite à la déclaration de Marisol Touraine, ministre de la Santé, sur son souhait d’instaurer des paquets « neutres » (voir Lemondedutabac de ce matin 31 juillet), les réactions se multiplient dans les médias (notamment par le biais d’une importante dépêche AFP) où les professionnels mettent en doute son efficacité et craignent une explosion du marche parallèle.
« Aucune étude sérieuse n’a démontré qu’une telle mesure serait efficace », déclare Eric Sensi, directeur des relations institutionnelles chez Imperial Tobacco. « Il n’est pas prouvé que les jeunes commencent à fumer à cause de l’apparence d’un paquet », explique Denis Fichot, porte parole en France de Japan Tobacco International. « L’emballage n’est pas un facteur déterminant dans le choix des consommateurs pour commencer à fumer ou pas, notamment des jeunes », assure-t-on également chez Philip Morris International sur la foi d’une étude européenne Eurobaromètre publiée en mai.
« En revanche », poursuit Denis Fichot, « un paquet générique serait très facile à contrefaire et pourrait se retrouver ainsi à bas prix en vente dans la rue ». Ce risque d’augmentation de la contrefaçon « a été mis en évidence dans un rapport parlementaire » publié à l’automne, renchérit Yves Trévilly, porte-parole de British American Tobacco.
Par ailleurs, le président de la Confédération, Pascal Montredon, craint que « l’arrivée de ces paquets génériques, mais aussi la disparition des linéaires, aboutissent à la disparition pure et simple des buralistes ». Interviewé sur BFM TV, Pascal Montredon, a même parlé de « double peine», rappelant que les buralistes vont devoir affronter une nouvelle hausse des prix en septembre, alors que la baisse des ventes atteint déjà 8%. Et que le gouvernement vient de se déclarer favorable aux paquets génériques. Signalons que le président de la Confédération s’est ouvert, auprès de certains journalistes, de l’éventualité d’une action syndicale le 6 septembre.
Du côté des anti-tabac, le Comité national contre le tabagisme (CNCT) s’en réfère à l’analyse de Karine Gallopel-Morvan, chercheuse en marketing social à l’Ecole des hautes études en Santé publique :« considérés comme ternes, peu stylés et ne renvoyant plus à l’imaginaire de la marque (…), les paquets « neutres » ne donnent pas envie d’être achetés et en ce sens ils constituent un frein majeur à l’initiation des plus jeunes dans le tabagisme ».




