Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
29 Juil 2017 | Profession
 

•• Jean-Yves, buraliste à Béthune (Pas-de-Calais) avoue ne pas être franchement convaincu par cette énième augmentation souhaitée par l’État. 

« Déjà, une chose est sûre : les hausses créent toujours la fraude. Beaucoup de frontaliers partent se fournir en Belgique ou en Italie par exemple. Nous ne sommes pas encore trop touchés ici, mais la fraude risque de s’étendre. Et au niveau santé, c’est bien simple : j’achète mes cigarettes en Belgique, et je me fais soigner en France », déclare-t-il dans L’Avenir de l’Artois du 27 juillet.

Le professionnel estime que les gouvernements successifs ont employé la mauvaise méthode pour réduire le nombre de fumeurs et les dommages du tabac sur la santé : « je pense qu’il faudrait faire plus de prévention que de répression par l’augmentation des prix. Notamment auprès des plus jeunes, qui sont de plus en plus nombreux à commencer à fumer ».

Et le paquet neutre n’a pas été efficace : « mes ventes ont même augmenté depuis sa mise en place. Les gens ne regardent pas les photos sur les paquets ». Le buraliste garde une pensée pour une certaine catégorie de fumeurs : « il faut penser aux personnes âgées, avec de maigres retraites, qui peinent à s’offrir le plaisir d’un paquet de cigarettes. Et à leur âge, ils ne risquent plus vraiment grand-chose ».

« Beaucoup de buralistes risquent de fermer s’ils ne jouent pas la carte de la diversité des services proposés. Ces augmentations, avec la fraude engendrée, puniront plus les buralistes que les consommateurs. Ce qui n’est pas le but, je crois, non ? », conclut Jean-Yves.

•• Pour Gilles Grangier (président de la chambre syndicale des buralistes de la Loire), le Gouvernement doit s’attaquer au vrai problème : le trafic. Exemple à Saint-Étienne, comme il l’a expliqué sur France Info, ce jeudi 27 juillet.

« On l’a vérifié à diverses reprises. On a des baisses assez importantes de ventes de cigarettes sur les très grandes marques. Or, ce sont celles visées par les trafics, car plus faciles à revendre. Nos collègues qui sont au cœur de Saint-Étienne, et dans le quartier du Palais de justice en particulier, voient leurs quantités de ventes divisées par trois, voire par cinq, concernant ces marques-là » (voir Lmdt du 11 février).

France Info annonce de nouvelles actions, à la rentrée, en conclusion.