Peut-être que rien n’aurait filtré si les gendarmes n’étaient intervenus pour une affaire de violences, à Vitry-le-Francois ce 16 décembre 2014, chez un jeune de 23 ans. Trouvaille : 46 kilos de tabac à chicha et une balance. Dans la foulée, les enquêteurs sont allés jusqu’au domicile du père pour y trouver 68 kilos du même tabac. Et mettre à jour tout un petit trafic en famille.
Le fils, Thomas Golz, déjà multirécidiviste, s’est mis à la contrebande de chicha depuis juin de la même année. « De quoi trouver un complément à mon RSA, ça me rapporte entre 300 à 400 euros par mois » a-t-il affirmé aux gendarmes qui estiment très vite, pour leur part, le gain moyen à 20 fois plus.
La preuve ? La page Facebook du suspect et ses informations sans ambiguïtés. 350 clients réguliers sont ainsi recensés.
Le père, de son côté, s’est montré confiant dans le talent de son fils. Au point d’investir 5 000 euros de ses propres indemnités de licenciement pour de premiers approvisionnements en Suisse. Il y a aussi la sœur, intérimaire de 25 ans, et dont il est établi qu’elle a ramené de Suisse, à bord de son véhicule personnel, 125 kilos de tabac d’un coup : « un voyage stressant » gémit-t-elle devant le tribunal.
Car toute la famille s’est retrouvée devant le tribunal de Châlons-en-Champagne, le jeudi 21 janvier dernier.
Question du juge : « vous savez qu’il y a des taxes sur le tabac et qu’en faisant ce trafic vous privez l’État de ces taxes ? Votre RSA, il est payé avec quoi ? ». La défense n’a pas la même appréciation de la situation et des gains obtenus. Selon elle, le jeune homme n’a eu le temps de récolter qu’un millier d’euros.
À propos de récolte, Thomas Golz est condamné à six mois ferme et 3 395 euros d’amende. Son père écope de quatre mois avec sursis. La sœur de deux mois, toujours avec sursis. De plus, le trio doit s’acquitter solidairement d’une amende douanière de 21 000 euros.




