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27 Sep 2013 | Observatoire, Profession
 

Plus on creuse, moins on trouve. Il y a une semaine, Le Parisien / Aujourd’hui en France s’était distingué en titrant sur un grand article « sensationnaliste » dénonçant les « turpitudes » du lobbying des fabricants de tabac dans le cadre de la préparation de la future Directive (voir Lemondedutabac du 21 septembre). Une fois l’« émotion » passée et les faits mis à plat (pour démontrer que rien d’illégal n’a été pratiqué), les multiples rebonds médiatiques suscités par cette sortie nous laissent l’impression que les méthodes des cabinets de lobbying sont plutôt encadrées, sous surveillance, et qu’en la matière les fabricants de tabac se montrent prudents en comparaison aux initiatives d’autres secteurs comme l’énergie, les produits pharmaceutiques, les banques, etc.

En témoigne la longue dépêche AFP parue ce jour – « Le lobbying : une activité discrète, mal perçue et parfaitement légale » – dans laquelle on apprend que la Cnil juge la pratique de Philip Morris, décrite dans Le Parisien, comme « légitime » tout en reconnaissant « qu’elle pose question » et nécessite que les députés en soit informés.

On remarquera que le « pose question » renvoie seulement à l’opinion que chacun a sur la liberté d’expression d’une entreprise par rapport à une mesure l’impliquant : entre le « c’est naturel » des partisans d’une économie libérale et le « c’est moralement condamnable » des tenants d’un système où la puissance publique décide de tout. Mais tout cela relève d’un autre débat.

Quant au « les députés doivent être informés », il est évident que les eurodéputés intervenant sur la Directive Tabac savent bien que les professionnels et les ONG, tous secteurs confondus, suivent attentivement leurs déclarations, initiatives et votes.

On apprend, aussi, dans la même dépêche que Catherine Lemorton, députée PS et présidente de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale se plaint « des appels incessants » et des « menaces à peine voilées » de groupes pharmaceutiques.