Qu’est devenu l’un des dispositifs phares du Programme national 2023-2027 de Lutte contre le Tabac, dévoilé le 28 novembre dernier, l’interdiction de fumer à la plage ? (voir 28 novembre et 4 décembre 2023).
Six mois après (et des augmentations de prix du tabac …), le décret d’application n’est pas passé et la promesse est, pour beaucoup, oubliée. C’est ainsi que débute un article du Midi Libre, publié à l’occasion de la Journée mondiale sans Tabac (voir 2 mai 2024), que nous reprenons.
En fait, Le Midi Libre a fait enquête sur le pourtour méditerranéen …
•• « Le décret n’est pas sorti » et Jean-Michel Weiss (secrétaire national de la fédération autonome de la fonction publique territoriale, en charge de la police municipale, et chef de la police municipale de La Grande-Motte) l’admet, il est « soulagé ».
Car pour lui, « l’alignement des planètes n’est pas au rendez-vous pour mettre en place ce type de mesure, dans une année où les CRS ne seront pas engagés sur les plages, et les escadrons de gendarmerie mobilisés sur les Jeux olympiques ». Cet été 2024 sera une saison blanche : « lorsqu’on annonce une mesure et qu’on ne fait rien pour qu’on la respecte, il ne se passe rien ». Et sur le fond, il n’est d’ailleurs pas convaincu de l’intérêt : « c’est un épiphénomène qui demande l’engagement de beaucoup de moyens ».
•• En ce mois de mai, le ministère de la Santé, sollicité à de nombreuses reprises par Midi Libre, « est aux abonnés absents ».
Son représentant en Occitanie, le directeur de l’Agence régionale de Santé Didier Jaffre, a du mal à cerner le dispositif. Ses équipes préciseront que si la mesure existe bien, c’est « le 16ème point du Plan national de Lutte contre le Tabac », il revient « aux préfets et aux élus d’adapter la norme aux spécificités locales ». Les préfets sont muets depuis des semaines sur le sujet, avant même d’être soumis au droit de réserve qui s’impose en période électorale.
•• Les élus, impatients ou soulagés, qui, pour certains, n’ont pas attendu le Gouvernement pour agir, via des arrêtés, parlent un peu plus.
« Le décret n’est toujours pas sorti, on ne peut pas l’appliquer, mais on réfléchit déjà à des solutions pour le mettre en place », assure Carole Fafue, responsable de la communication et de l’événementiel à la mairie de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). La mairie catalane, qui a pris un des premiers arrêtés d’interdiction d’Occitanie, sur la plage du Sana, en 2016, veut, sans attendre, passer sa plage la plus urbaine en zone « non-fumeur ». « On n’est pas des Ayatollahs », assure le maire (divers droite) Jean-Michel Solé, très concerné, pour la santé de ses administrés et surtout « contre la prolifération des mégots », qui parle déjà au présent : « c’est obligatoire, mais on va essayer d’appliquer ça avec parcimonie ».
Au Grau-du-Roi, Robert Crauste (divers centre), ancien médecin, a déjà deux plages sans tabac, sur arrêté municipal. Si le dispositif devait se généraliser, il ne voit pas comment l’appliquer à l’Espiguette, par exemple : « la répression, c’est difficile ».
« On ne s’est pas précipité sur les annonces d’Aurélien Rousseau », admet Yvon Bourrel, maire (DVG) de Mauguio-Carnon, qui s’inquiète de la mise en œuvre de l’interdiction : « Il y a de la pédagogie à faire, au risque d’instaurer un dispositif que l’on ne pourra pas faire respecter, et qui va nous mettre en difficulté ». Cette année, la commune a préparé une autre campagne, anti-mégots, qui menace de 180 euros quiconque « oublierait » ses résidus de cigarette sur le sable : « Ma plage n’est pas un cendrier ».




