Une autre tribune à retenir aujourd’hui dans les médias. Celle d’Éric Favereau, journaliste à Libération, qui marque son étonnement par rapport à la valse hésitation des autorités sanitaires sur la cigarette électronique. Mais « de quoi avez vapeur ? »
« Mais pourquoi diable en veulent-ils à ma santé ? Depuis des années, ces gens-là me disent que fumer tue (…) Or, est apparue, venue de Chine, la cigarette électronique. Et nous, on s’est précipité. C’est vrai que cela a dû les agacer, car pour la première fois dans l’histoire du tabagisme, c’étaient les utilisateurs, qui choisissaient cet engin. On s’est dit qu’enfin, nous, fumeurs, allions être remerciés, et non plus vilipendés comme nous le sommes depuis des dizaines d’années. On allait pouvoir fumer (ou vapoter) sans emmerder personne et sans embrumer nos poumons.
« Mais c’est l’inverse qui se passe. Les mêmes responsables, à l’instar de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, passent leur temps à chipoter. Ils nous disent : « Mais on ne sait jamais, c’est peut-être dangereux », ou bien « il faut être précautionneux », et voilà qu’ils veulent même nous interdire de vapoter dans les espaces publics. Mais qu’est-ce qu’ils cherchent ? La cigarette tue une personne sur deux, et là, avec notre engin électronique, on est sûr de diminuer le risque par dix. C’est ce que l’on appelle, en santé publique, une politique de réduction des risques.
« Alors, quoi ? Pourquoi les autorités se montrent-elles si timorées ? Ont-elles peur que l’on ne meure plus du tabac ? Les buralistes sont-ils si puissants qu’on ne peut rien leur refuser ? Les taxes sur le tabac sont-elles, de fait, une telle aubaine que les pouvoirs publics redoutent de perdre cette manne ? Moi, fumeur, je tiens aussi à ma santé. La cigarette électronique n’est pas la panacée, on le sait, la politique contre le tabagisme doit être variée et cohérente ».




