
Ce 16 mars, deux Cauchois ont été renvoyés devant le tribunal du Havre fin avril pour le transport et la revente de tabac de contrebande provenant du Luxembourg.
Nous reprenons l’information de Charles Turcant dans le Courrier Cauchois.
Ce 16 mars, un père (58 ans) et son fils (35 ans) étaient présentés au tribunal du Havre en comparution immédiate, côte à côte dans le box, sous escorte policière. Ils auraient collaboré dans le cadre d’un trafic de tabac de contrebande, entre la Seine-Maritime et le Luxembourg ; avec des virements financiers chiffrés en milliers d’euros depuis et/ou vers ce pays frontalier. Les deux prévenus, habitant chacun un village différent du secteur de Saint-Romain-de-Colbosc, ont demandé un délai pour préparer leur défense. Ils seront jugés le 20 avril. Le fils serait impliqué dans ce trafic depuis l’automne 2024 ; son père, depuis décembre 2025.
De fait, le fond du dossier n’a pas été évoqué lundi. On sait toutefois que c’est un renseignement anonyme qui a informé les forces de l’ordre du fait que le trentenaire pouvait revendre du tabac manufacturé.
Au cours de l’enquête, une surveillance est mise en place, permettant d’établir que plusieurs véhicules ont pu opérer des transports entre la région havraise et le Luxembourg ; avec une voiture « ouvreuse » (vérifiant qu’il n’y a rien de spécial sur la route) et une voiture « porteuse » (transportant la marchandise). Des téléphones spécifiques pouvaient également être utilisés pour ces trajets. Lorsque les policiers interpellent l’un des deux individus dans une voiture « extrêmement chargée » de tabac et d’alcool, l’autre est retrouvé à proximité.
Des milliers d’euros qui circulent
La procureure avance qu’au moment de l’interpellation, la marchandise était estimée à « 30 000 euros, au bas mot ». La perquisition aux domiciles des deux mis en cause a permis de retrouver du tabac de contrebande en grande quantité, mais aussi beaucoup d’alcool et plusieurs milliers d’euros en liquide (dont 7 000 euros dans un coffre). « On est sur quelque chose de très bien organisé », pointe la procureure Soizic Guillaume, avec toutefois plusieurs points à éclaircir. Au cours de l’enquête, le père, chauffeur routier de métier, a pu dire qu’il accompagnait simplement son fils « pour ne pas qu’il s’endorme ; dans une autre voiture », s’étonne la procureure. Le train de vie des prévenus (notamment du fils, lui aussi titulaire du permis poids lourd mais qui a perdu son emploi après un accident du travail) interroge également.
Un seul placement en détention
D’ici l’audience de jugement, le fils (qui pourrait avoir un commanditaire et donc un risque de pression ou de concertation) est placé en détention provisoire. Quant à son père (souffrant de soucis de santé), il est assujetti à un contrôle judiciaire avec obligation de pointage hebdomadaire. Les deux prévenus (pour lesquels la procureure avait requis deux placements en détention provisoire) ont interdiction de contact.
(Voir aussi les 10 mars 2025 et les 19 avril 2025)




