Un collectif de médecins de Loire-Atlantique lance, sur les réseaux sociaux, une pétition (400 praticiens) pour faire cesser la diffusion du spot de la campagne gouvernementale contre le tabagisme : « Le tabac tue un fumeur sur deux » (voir Lmdt du 25 septembre). Pour pointer les dangers que peut générer une prévention mal organisée.
A l’initiative de cette mobilisation, le docteur Patrick Lamour qui dirige l’Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (Ireps) en Pays-de-Loire.
« Cette campagne qui entend déclencher une émotion auprès du spectateur, utilise des ressorts émotionnels, essentiellement négatifs, comme la peur et la culpabilité » analyse le praticien, « elle oublie d’abord tous ceux qui se battent contre le cancer jour après jour. Elle oublie les familles et les enfants pour qui elle ne peut être que choquante … Et elle ne sert en aucun cas la cause de ceux qui cherchent à convaincre, par l’exemple et le dialogue, adultes et jeunes, fumeurs ou non. Je ne vois pas comment en terrorisant, on fait du bien … L’émotion brute suscitée ne peut inciter à la réflexion critique. Comment réfléchir lorsqu’on est pris à la gorge tant par les sons que par les images ? »
« Si l’on veut vraiment combattre le tabagisme », poursuit ensuite- de façon moins nuancée – le praticien nantais, « il est temps de viser les vrais coupables de l’industrie du tabac plutôt que les individus. Il serait bon aussi d’organiser un vrai débat national comme l’on a su le faire au sujet de la question de la fin de vie ».




