Hier, mardi 22 mai, dans le cadre d’un colloque organisé par le ministère de la Santé en prévision de la journée mondiale sans tabac du 31 mai, des experts ont estimé que les politiques de santé publique n’arrivent plus à faire baisser le nombre de fumeurs.
« Les dernières estimations montrent que 33% des Français fument de façon occasionnelle ou régulière. C’est un chiffre stable depuis quelques années, voire en légère augmentation » a précisé François Beck de l’Inpes, ajoutant « la France est à la traîne par rapport à d’autres pays, comme l’Angleterre ou les Etats-Unis où le tabagisme diminue beaucoup ».
Les spécialistes avancent plusieurs hypothèses sur la stagnation du tabagisme à des niveaux élevés. La première : les fumeurs n’auraient pas si peur du risque de cancer, ce qui explique que les campagnes de prévention ou les « visuels choc » n’ont pas eu l’effet escompté, selon Daniel Thomas, médecin à l’Institut de cardiologie. Autre hypothèse : en période de crise, le refuge dans la cigarettes est une réalité, constate Thierry Lang, expert au HCSP, « les plus gros consommateurs sont les chômeurs ».
Alors comment inverser la donne, alors que le tabac provoque 73 000 décès par an en France, soit 14% de la mortalité totale, a assuré Catherine Hill.
Les associations anti-tabac réclament une hausse des prix, mais aussi des mesures comme le paquet neutre. Mais, sur le prix du paquet, certains intervenants du colloque du ministère de la Santé ont expliqué qu’il était délicat d’augmenter fortement le prix du tabac en raison de l’inégalité de cette mesure. « Il faut garder à l’esprit que ce sont les précaires et les ouvriers qui fument le plus. On sait que 15% des fumeurs consacrent plus de 20% de leurs revenus au tabac » a expliqué Thierry Lang, expert au HCSP.




