La parution du livre de Martine Perez (voir Lemondedutabac du 8 mai) et le débat – relancé par le rejet de la requête de DNF contre cinq établissements parisiens – sur les espaces fumeurs en terrasses (voir Lemondedutabac du 15 mai) ont généré pas mal de prises de position révélatrices des arguments du moment sur le sujet du tabac. Ce week-end, l’émission « Revu et corrigé » (samedi 19 mai sur France 5), consacrée à « Terrasses fumeurs : faut-il les interdire ? » en fut un bon exemple. Décryptage.
Sur le plateau, était organisé un « face-à-face » Gérard Audureau, président de DNF (Droit des non-fumeurs) contre Marcel Benezet, l’un des responsables du Synhorcat. Contrairement à l’interpellation de Paul Amar pour lancer le débat, ce ne fut pas « la guerre » et les échanges furent nuancés.
Gérard Audureau, tout en se déclarant « anti-tabac, mais pas anti-fumeur », a confirmé sa détermination à poursuivre son action contre les endroits couverts et fermés où l’on fumerait (« nous ne demandons rien d’autre ») et à se pourvoir en cassation dans sa procédure contre cinq établissements parisiens. Sur le développement de la contrefaçon, le président de DNF rejoint le Pr Dautzenberg (interviewé lors d’un récent reportage sur France 2 : voir Lemondedutabac du 15 mai) : « le tabac de contrefaçon n’est pas plus dangereux que le tabac qui arrive chez le débitant de tabac. C’est la même chose ».
Marcel Benezet a rappelé la ligne du Synhorcat : le strict respect du décret Bertrand qui, depuis 2009, interdit de fumer dans les établissements eux mêmes. « Pour nous, il s’agit d’un problème de santé publique qui concerne autant les salariés que les clients qui viennent chez nous. Et personne n’a envie de revenir en arrière et de voir la cigarette dans nos établissements » a-t-il insisté, rappelant qu’ « aujourd’hui, la terrasse est le seul endroit qui reste convivial et nous souhaitons qu’il le reste face au tout répressif qui veut y interdire de fumer, et demain, dans la rue, dans les centres-villes. Fumeurs (les meilleurs consommateurs) et non-fumeurs doivent pouvoir cohabiter ». C’est dans ce sens que le syndicat a ouvert le dialogue, en particulier avec la ville de Paris, pour concevoir des aménagements respectueux de la loi et de tous.
Cependant, comme le démontre l’enquête de la rédaction de France 5 accompagnant le débat, une radicalisation semble faire son chemin avec la montée en puissance des partisans de l’interdiction totale : Jacques Attali déclarant le tabac illégal, la Ligue contre le cancer fixant pour cela l’objectif de 2030 ou Martine Perez, qui répète dans son interview que « le problème des terrasses est complètement accessoire. Le vrai problème, c’est le tabac. Et la problématique doit être réexaminée en France aujourd’hui ».




