L’explosion de la cigarette électronique commence à alerter les pouvoirs publics et les « tabaccai » (débitants de tabac italiens). En cause : un marché sans encadrement qui ferait perdre des recettes fiscales et serait source de concurrence déloyale.
En Italie, on compterait désormais… 2 millions de « vapoteurs » quotidiens pour une consommation de 300 000 flacons, approvisionnés seulement à 50% par des entreprises italiennes. L’autre moitié étant achetée sur internet, y compris par les distributeurs. L’Anafe (Association Nationale du tabac électronique) estime que le chiffre d’affaires du secteur devrait atteindre les 350 millions en 2013, avec un réseau de distribution de 1 500 magasins, employant 4 000 personnes.
La cigarette électronique s’imposerait donc en Italie comme une alternative compétitive face à la cigarette traditionnelle pour le consommateur : avec un budget annuel de 350 euros face à un paquet qui coûte 5 euros.
Face à ces chiffres, chacun fait ses comptes. L’Etat, d’abord, qui perdrait près de 3 millions d’euros de recettes fiscales. Les débitants de tabac, qui s’inquiètent, de plus en plus, du vide juridique concernant leur droit de vendre ou non des cigarettes électroniques : le cahier des charges sur la vente des articles du monopole leur interdit, a priori, la vente de produits ou substances capables de remplacer les produits de tabac. Pour le président des buralistes italiens, Giovanni Risso, une prise de position du Ministère de la Santé et des autorités de tutelle relève de l’urgence.
Une demande de clarté qui rejoint les récentes prises de position de Pascal Montredon (de la Confédération des buralistes), en France, et qui devrait aussi interpeller les autorités européennes en plein débat sur la Directive Tabac.




