Que s’est il passé depuis le feu vert à l’instauration du paquet générique en Australie (voir Lemondedutabac du 14 août) ?
Le 1er décembre 2012, c’est dans une relative indifférence que vont se mettre en place les paquets génériques dans le pays. La ministre de la Santé, Tanya Plibersek, lance la mesure par une discrète intervention médiatique ; les fumeurs déclarent « ne rien changer à leurs habitudes » et les jeunes expriment « un désintérêt total » (voir Lemondedutabac des 1er et 8 décembre 2012).
Ce qui va être confirmé par l’évolution des volumes de vente. Sur les six premiers mois, les professionnels de la distribution, comme les fabricants, confirment que l’introduction des paquets génériques n’a eu aucun impact significatif sur les ventes. Les fumeurs, les jeunes notamment, s’approvisionnent autant en cigarettes (voir Lemondedutabac des 13 février, 7 et 24 juillet).
D’ailleurs, le gouvernement de Canberra reste pour le moment relativement discret, pour ne pas dire silencieux, sur le bilan. Le 28 mai, lors d’un colloque à Paris, le premier secrétaire de l’ambassade d’Australie se borne à annoncer qu’une étude est en cours « portant sur la période d’avril 2012 à décembre 2014 afin de mesurer les impacts réels en terme de prévalence ». En matière de retour d’expérience, son seul argument est d’assurer que « les Australiens auraient moins de goût à fumer ». La même idée est développée dans les résultats d’une enquête menée par des chercheurs australiens du « Centre for behavioural research in cancer ». Sauf que l’étude a été réalisée en novembre 2012 (voir Lemondedutabac du 22 juillet).
Dans la foulée du « coup de tonnerre du 14 août », beaucoup de pays s’étaient déclarés preneurs de l’exemple australien. Il apparaît qu’actuellement, faute de résultats probants sur la prévalence, certains décident de reporter leur décision, à l’instar de la proche Nouvelle-Zélande (voir Lemondedutabac du 24 février) et plus récemment de la Grande Bretagne (voir Lemondedutabac du 12 juillet).
L’Union européenne semble de plus en plus isolée dans sa volonté d’instaurer son modèle de « paquet quasi générique » avec son projet de Directive tabac (voir Lemondedutabac du 10 juillet). Et ce, malgré les propres doutes de la ministre de la santé australienne sur la possibilité de transposer leur mesure : « Nous, en Australie, nous n’avons pas de frontières à gérer, avec le flux de cigarettes que cela comporte… » (voir Lemondedutabac du 8 octobre 2012).




