La vague médiatique sur la troisième hausse, en quinze mois, des prix du tabac a démarré dès ce dimanche dans les éditions mi-journée … et continue de grossir. Et tous les commentaires et traitements de journalistes convergent : un grand perdant, la crédibilité de cette politique de hausses répétées ; un gagnant, le marché parallèle devançant largement l’alternative de la cigarette électronique.
• « J’irai acheter ailleurs » … répondent, inlassablement, les fumeurs interviewés au fil des micro-trottoirs. Et c’est sur ce système « débrouille » que les médias ont axé leur reportage.
– Comparatif des prix européens sur BFM TV pour mettre en évidence les niveaux records atteints par la France.
– « Le trafic fait un tabac à Marseille » sur M6 qui montre des images de quasi-linéaires de cigarettes de contrebande installés sur des blocs de béton dans la rue.
– Reportage sur France 2 à Vintimille où les boutiques frontalières affichent les économies réalisées.
– « Les achats internet qui explosent » sur TF1, où les Douanes annoncent une augmentation des saisies de tabac de 8 à 30 tonnes sur les cinq dernières années.
– Reprise des données de l’enquête « ramasse-paquets », dans les commentaires, pour rappeler que le marché parallèle ne concerne pas seulement les régions frontalières.
• Ce qui fait réagir les buralistes. Pascal Montredon : « nous demandons que cette troisième augmentation (en quinze mois) soit la dernière » ; « cela ne fait pas baisser la consommation, mais cela crée un marché parallèle et sur l’ensemble du territoire »; « à aucun moment, on nous accompagne pour mettre en place un plan de lutte contre le marché parallèle ».
• Réaction des politiques. Florian Philippot, vice-président du Front National, dénonce une hausse « abusive », qui ne répond pas à des visées de santé publique, mais de politique fiscale. « Si on doit aider les gens à arrêter de fumer, on doit les aider à adopter la cigarette électronique. Mais le gouvernement prend le chemin inverse en voulant l’interdire dans les lieux publics ».
Jean-Christophe Cambadélis (PS) passe outre sur le côté impopulaire de la mesure, «prise pour faire baisser la consommation» et le marché parallèle « qui ne concerne que les régions frontalières ».
• Réaction des anti-tabac et des médecins. « Une nouvelle hausse qui n’est toujours pas assez dissuasive » annoncent en chœur Gérard Dubois, Emmanuel Béguinot (directrice du CNCT), Clémence Cagnat-Lardeau (Alliance contre le Tabac), François Beck (sociologue à l’INPES).
Et tous de constater que les dernières hausses n’ont eu que peu d’impact sur l’arrêt du tabagisme, « l’effet prix ne jouant pas vraiment pour les adultes ».
Bertrand Dautzenberg s’intéresse exclusivement au report sur la cigarette électronique (avec des perspectives mitigées) : « sur tous ceux qui essayent la cigarette électronique, la moitié n’aime pas le produit, ¼ arrête de fumer du jour au lendemain, ¼ consomme les deux ».




