Cette histoire d’un bar associatif attaqué, à la grenade, à Grenoble – 15 blessés – est une preuve flagrante que le trafic de tabac se situe au même niveau de dangerosité pour la société que le narco-trafic … (voir 15 et 14 février). Deux enseignements sont à tirer de cette affaire.
1• Il est urgentissime que les autorités se rendent compte des nouveaux liens entre trafic de tabac et narco-trafic pour en tirer les conclusions qui s’imposent. Ces liens sont situés à tous les niveaux : en amont, entre réseaux mafieux qui diversifient ainsi leurs activités ; sur le terrain, dans les activités des revendeurs.
Curieusement, quand il s’est rendu sur les lieux, ce vendredi 14 février – en compagnie des autorités préfectorales et douanières avant de s’entretenir avec l’impayable Éric Piolle, le maire de Grenoble – Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, n’a pas évoqué directement le trafic de tabac (du moins dans ses propos rapportés par les médias).
« Cette opération criminelle à la grenade est inédite. On a utilisé des techniques de guerre. Il y a un contexte de trafic et de criminalité organisée » a-t-il notamment déclaré selon Le Dauphiné Libéré.
Le même Dauphiné Libéré précisant, par ailleurs, que « l’attaque serait en lien avec un trafic de cigarettes. C’est en tout cas l’hypothèse que privilégient les enquêteurs. »
2• Le tabac qui a été saisi sur place par les policiers est de contrefaçon. Une nouvelle preuve du déferlement actuel du tabac de contrefaçon dans l’hexagone.
En 2023, une étude « ramasse-paquets » avait établi qu’à Grenoble le marché parallèle des cigarettes (tout ce qui n’est pas acheté chez les buralistes) se montait à 40,7 % de la consommation. La contrefaçon représentant à elle seule 21 %. Quatre ans avant, en 2019, le marché parallèle n’était comptabilisé … qu’à 26,8 % (3,5 % pour la contrefaçon).
C’est dire que la contrefaçon est vraiment en train de monter en puissance dans les milieux criminels approvisionnant le marché parallèle du tabac.




