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4 Mai 2014 | Observatoire
 

Canal + ArdissonDécidément, la version française de « Golden Holocaust » – les 700 pages sur la « conspiration de l’industrie américaine » du tabac – sera passée à côté de l’esprit polémique voulu par ses promoteurs  (voir Lemondedutabac des 15 et 19 mars).

Il y a une semaine, Le Figaro s’est bien essayé à une grande interview complaisante de l’auteur (voir Lemondedutabac du 26 avril). 
Puis, toujours il y a une semaine, l’émission « Salut les Terriens » (Canal +), du samedi 26 avril, a tenté de rallumer le feu. Mais le pétard de la polémique n’a pas explosé. Comme si le ton excessif imposé par le titre de la séquence avait contribué à refroidir tout le monde. Retour sur l’émission et ses mécanismes de mise en condition.

Encore une fois, le titre de la séquence faisait fort : « les industriels du tabac ont-ils commis un crime contre l’humanité ? ». N’insistons pas sur l’expression « crime contre l’humanité » qui renvoie à une définition et à des faits précis.

Aussi fort, le résumé en images introduisant le sujet : ambiance de morgue ; zoom sur la façade de la cour des Comptes pour illustrer son rapport taclant le manque de détermination des pouvoirs publics par rapport au « lobby des buralistes » (voir Lemondedutabac du 14 décembre 2012) ; et reprise de l’intervention agressive d’une équipe de France 2, lors d’un déjeuner de parlementaires (voir Lemondedutabac des 12 et 4 juin 2013). Un mélange confus, propice à créer une ambiance « complot ».

Mathias Girel, éditeur de l’ouvrage, s’est alors lancé dans la grande théorie du complot. En déclinant les trois « conspirations » énoncées par Robert Proctor – « rendre invisible l’épidémie »; « faire croire que les cigarettes ne comprenaient que du tabac » ; « inonder les juges fédéraux de camions entiers de paperasses pour dissimuler leur responsabilité » -, le philosophe (spécialiste de la théorie de l’emploi du doute par certains milieux industriels et scientifiques) n’est pas allé plus loin dans sa démonstration puisqu’il a surtout laissé la parole à Thierry Ardisson.

Lequel a, sur le mode « provocateur qui s’amuse sans y croire vraiment », repris les thèses de l’historien américain. Avec des  formules renvoyant probablement à des expériences précises : « ce sont des dealers qui font cadeau de la première dose ».

Le temps que les invités du plateau aient plutôt l’air de s’ennuyer.
Jean-Marie Bigard finit par réagir sur les « cow-boy Marlboro » , en regrettant finement qu’ils  « aient fini seuls parce que cela joue sur l’érection ».
Le réalisateur et acteur Yvan Atall se réveille quand on parle de « tabac et de cinéma » … rappelant qu’il a cessé de fumer, du jour au lendemain, à l’issue d’un tournage. Depuis, il signe certains films de campagne de prévention contre le tabagisme de Droit des Non-Fumeurs.

Le scandale annoncé a fait pschitt.