Dans le sillage d’éphémères « révélations sur les pratiques commerciales » des fabricants de tabac – diffusé par Europe 1 vendredi dernier (voir Lemondedutabac du 18 octobre) – France 2 nous a annoncé hier soir (en premier sujet du sommaire de son journal télévisé de 20 h) de nouveaux rebondissements. Nombre de téléspectateurs ont du rester sur leur faim …
• Tout est dans les annonces du sujet, justement. Pile à 20 heures. Titre racoleur et insinuations glauques. On se croirait au démarrage d’une séquence chaude de Secret Story : « un nouveau volet des manœuvres de l’industrie du tabac, cette habituée du scandale … » ; « les fabricants, prêts à tout » ; « vos enfants les intéressent » ; « des pots de vin aux débitants de tabac ». Autant d’annonces sensationnalistes et de promesses racoleuses pour lancer le sujet …
• Les faits ? Ils sont « révélés » dans le sujet, diffusé un peu plus tard dans le cours d’un journal télévisé qui aura effectivement débuté avec des informations plus sérieuses : sur cette sourde colère de la campagne et des PME qui resurgit avec les problèmes d’emplois et d’écotaxe …
Et ce sujet est uniquement composé de deux choses :
– les révélations d’un « collaborateur anonyme » (image floutée et voix déformée ) de l’industrie du tabac dont le contenu confus alimente un discours unique. L’industrie du tabac et ses collaborateurs ne sont animés que par une seule motivation : détourner toute loi et règlement. Manichéen et grossier.
– les images, captées par une caméra cachée dans quelques bureaux de tabac parisiens, de PLV tabac (présentées comme illégales) et d’une buraliste confirmant … qu’elle ne reçoit pas d’argent de la part des fabricants.
• Sans entrer dans le débat, technique et juridique, sur la pertinence de telle ou telle PLV par rapport à la loi Évin, le téléspectateur moyen est confondu par le manque de force des preuves qu’on lui soumet … eu égard aux enjeux annoncés dans les titres de son journal télévisé. Vulgairement parlant : du bidonnage journalistique.
• Le fond : le « sensationnalisme » de l’enquête n’aura prouvé en rien que le modèle actuel de distribution du tabac soit en contradiction fondamentale avec la politique de santé publique. C’est une question d’opinion, vont répliquer certains. Mais cette opinion là existe, aussi.




