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19 Fév 2026 | Profession
 

commercantes commercants creuseDans la Creuse, commerçants de proximité de Bourganeuf (2 300 habitants) et Aubusson (3 000 habitants) se mobilisent contre les implantations de points de vente de la Française des jeux dans certains supermarchés. Certains se sont ainsi réunis, ce 16 février, à Bourganeuf pour redire leur opposition et surtout leurs inquiétudes. Nous reprenons le reportage de La Montagne.

« Un client est venu un matin à la boutique : il avait vu un monsieur prendre des photos au Carrefour Market et lui avait demandé pourquoi : c’était, lui a-t-il répondu, en vue d’implanter une borne de la Française des jeux. »

Et grand bien lui en a pris d’être curieux, souligne Stéphanie Gautier, commerçante bourganiaude : « C’est comme ça qu’on l’a appris ! Et que j’ai pu solliciter l’Union des commerçants ».
Car même si elle est directement concernée – elle tient la Maison de la presse qui vend ces tickets de loterie – ce sont tous les commerçants de proximité qui pourraient être impactés. Une inquiétude effectivement largement partagée puisque la pétition lancée ici dans la foulée a récolté quelque 700 signatures.

Et si le point de vente de la Française des jeux n’en est ici qu’au stade de projet, la borne a bien été installée dans un autre magasin de la même enseigne à Aubusson.

Sans tambours ni trompettes comme ce fut le cas à La Souterraine, « et on ne l’avait pas su non plus », rappelle Charlotte Farin, la présidente des buralistes de Creuse.
« Et comme il y a de plus en plus de fermetures de tabacs, ils (la FDJ) veulent s’implanter encore plus. Nous, on propose pourtant qu’ils le fassent dans des commerces déjà existants comme un fleuriste, un salon de coiffure mais ça ne les intéresse pas. »

Lundi 16 février, des commerçants bourganiauds, rejoints par quelques collègues aubussonnais, se sont donc retrouvés à Bourganeuf pour partager leurs inquiétudes et les faire remonter une nouvelle fois au sénateur Lozach.

Lequel les a déjà relayées, fin janvier, à la présidente de la FDJ, courrier resté sans réponse à ce jour et qu’il devrait relancer.
Car « le problème, ce n’est pas Carrefour, c’est la FDJ », a insisté de son côté le directeur de la CCI, Philippe Daly, également présent ce jour-là avec le président Jean-François Tixier. « Nous, on est très vigilants sur le respect de l’équilibre et de la centralité. C’est le combat qu’on mène : garder le maximum de commerces en centralité. Et l’intérêt de la FDJ, c’est d’apporter du flux ».

Un flux qui reste le principal souci de ces commerçants de centre-ville en ruralité.

Comme l’a déjà pointé José Soulié, dans ses différents courriers : « L’implantation d’un point de vente FDJ supplémentaire dans une grande surface risque d’entraîner un déséquilibre commercial, au détriment des petits commerçants déjà fragilisés par le contexte économique actuel.
Au-delà de l’impact économique, cette installation soulève également des enjeux sociaux. La concentration de ce type de service dans une grande enseigne peut encourager une fréquentation accrue de la grande distribution au détriment du commerce de proximité, participant ainsi à la désertification progressive du centre-ville, phénomène que nous cherchons collectivement à éviter ».