Des journalistes de l’AFP se sont plongés dans la vie d’équipe des douaniers à la poursuite des vrais contrebandiers lesquels, à dos d’homme, transportent, à travers les Pyrénées, des cartouches de cigarettes destinées à alimenter le marché noir ; en particulier , à Toulouse.
Extraits d’une journée passée avec la brigade des douanes d’Ax-les-Thermes (Ariège), se déguisant en randonneurs lors de ces opérations de traque, menées plusieurs fois par mois.
« La quasi totalité de la marchandise qui passe ici est dédiée au secteur toulousain, elle est revendue sur les marchés ou au pied des immeubles », explique un responsable de la brigade, « le prix dépend des marques mais en gros, une cartouche est achetée 20 euros et elle est revendue 35 ou 40 euros, donc le bénéfice minimum par cartouche est de 15 euros ».
Dans les locaux flambant neufs de la brigade, les dernières prises, sous forme de tas de sacs à dos remplis de cartouches : « les plus motivés des passeurs transportent jusqu’à 20 kilos de marchandise dans des sacs de voyage rudimentaires dont ils ont renforcé les anses pour les porter sur le dos.
Ces sacs peuvent contenir 100 cartouches, soit potentiellement un gain de 1500 euros de bénéfices à la revente, pour une traversée ».
Planquée dans un refuge de la vallée de l’Aston, la brigade scrute à la jumelle l’un des quatre passages les plus empruntés par « ces mules »: « il leur faut, avant , passer par le Malpas, qui porte bien son nom car l’endroit est difficile à franchir … il n’est pas rare que le Peloton de gendarmerie de Haute-Montagne de Savignac (Ariège) intervienne pour secourir des passeurs. Le passage est à 2200 mètres et la température peut baisser très soudainement ».
Cette « route de la contrebande » ne représente qu’une portion infime du nombre de cigarettes saisies par la brigade, qui intervient également sur la route et dans le train reliant Andorre à Toulouse : soit l’équivalent, au total, de 50 000 paquets, en 2012. Sans oublier les « petits trafiquants du dimanche » conclut le reportage. C’est-à-dire de simples particuliers.




