Nicole Bricq (ministre du Commerce extérieur) a donc lancé, hier, la première journée nationale de destruction des contrefaçons organisée par la Douane (voir Lemondedutabac du 10 juin), en « mettant en scène » la destruction de contrefaçons saisies ces derniers temps. Le grand absent (pour ne pas dire oublié) de cette journée : le tabac de contrebande ou de contrefaçon, alors que le trafic est en plein essor.
« La contrefaçon, un crime économique qui touche tous les secteurs, détruit nos emplois et menace les consommateurs », avec un coût estimé à plus de 6 milliards d’euros pour les entreprises en France. C’est ainsi que Nicole Bricq a inauguré sa journée de mobilisation contre la contrefaçon, au centre d’échange international de la poste à Chilly-Mazarin, devant un parterre de partenaires (dont La Poste) et de représentants de l’UNIFAB, du Comité Colbert et du Comité national anti-contrefaçons (CNAC). Dans son discours (comme dans le communiqué du ministère), la ministre dresse la liste des articles contrefaits destinés à la destruction : jouets, médicaments, articles de luxe, DVD …, voire même la saisie de 2 tonnes de faux biscuits choco BN, … mais jamais le tabac !
Et pourtant, dans le centre postal de Chilly-Mazarin, qui « traite 17 000 colis quotidiennement», nous avons appris qu’il a été saisi 1,5 tonne de tabac en 2012 et une tonne depuis le début de cette année. Du tabac (de contrebande ou de contrefaçon) commandé par internet (évidemment) et livré par voie postale.
Sur France 3 Poitou-Charentes, hier, le directeur régional des Douanes a bien évoqué la récente saisie de cinq tonnes de cigarettes sur la RN 10 (voir Lemondedutabac du 7 juin) qui prouvait « qu’il fallait redoubler de vigilance quotidienne, face à la montée en puissance du trafic ». Ceci avant de procéder à l’incinération, devant les journalistes, de 42 000 paires de chaussettes contrefaites saisies en 2009 …




