Trois ministres, trois. Ce mercredi 16 mars, Michel Sapin, Marisol Touraine et Christian Eckert se sont félicités (communiqué de presse numéro 681 du gouvernement) du fait que « le solde du régime général de la sécurité sociale et du fonds de de solidarité vieillesse se soit établi à 10,7 milliards d’euros en 2015. Ce résultat est nettement meilleur que la prévision de 12,8 milliards … ».
Sauf que le « solde », présenté sobrement ainsi, est négatif. Il s’agit bien de -10,7 milliards d’euros.
Le « déficit de la sécu » est toujours au rendez-vous. Mais avec une amélioration. Petit à petit, on rattrape le déficit.
Dans une dépêche AFP de la veille au soir, les raisons de ce mieux – attribuées à Michel Sapin – sont égrenées : meilleure « maîtrise des dépenses » ; moindre revalorisation des prestations familiales ; meilleurs rendements des placements. Mais aussi (selon l’AFP) : « les recettes sur la consommation de tabac se sont également révélées supérieures ». Tiens, tiens …
Il est vrai que le marché officiel du tabac a connu une hausse en 2015 (après dix années de baisse). Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec une « reprise » de la consommation et à une brusque augmentation des fumeurs mais à des circonstances particulières (entre les conditions climatiques et le recul temporaire de la cigarette électronique, entre le fait que les Français soient restés dans l’Hexagone l’année dernière pour leurs vacances et une plus forte fréquentation touristique étrangère / voir Lmdt du 10 février).
Mais les + 1,6 % de hausse du marché global (voir Lmdt du 11 janvier), en volume – soit + 1 % pour les cigarettes – ont contribué à ce que la fiscalité totale du tabac soit de 14,5 milliards d’euros en 2015. Et là, tous les ministres y voient un intérêt.
Et si le quart de la consommation tabac, représenté par le marché parallèle, était récupéré ? Du moins, partiellement. Petit à petit, on pourrait y arriver.




