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20 Mai 2015 | Vapotage
 

E-cigaretteL’explosion d’une cigarette électronique qui a blessé samedi un jeune homme (voir Lmdt du 17 mars) rend plus que jamais indispensable l’application de normes dédiées, soulignent les acteurs de la vape, même si plusieurs soupçonnent dans ce cas l’utilisation d’une contrefaçon, selon une dépêche AFP .

L’homme de 21 ans, sérieusement brûlé à la main, est toujours hospitalisé et a eu deux tendons sectionnés, a indiqué mardi à l’AFP la gendarmerie. L’accident serait dû à une batterie défectueuse, selon la gendarmerie, qui a exclu un modèle contrefait de vapoteuse, le client l’ayant acheté dans une boutique ayant « pignon sur rue ».

C’est la seconde fois qu’un accident de ce type survient en France, après l’explosion d’une batterie qui avait brûlé une sexagénaire l’an dernier à Limoges. Selon son avocat, Me Emmanuelle Pouyadoux, sa plainte a été classée sans suite mais sa cliente va « agir au civil en référé expertise pour savoir ce qui s’est passé » (voir Lmdt du 26 septembre 2014).

Si les acteurs de la filière reconnaissent qu’il s’agit « d’accidents malheureux », ils tiennent à rassurer en expliquant que les cas sont rarissimes. « Comme dans tout processus industriel, le risque zéro n’existe pas, mais il est infinitésimal », commente Rémi Parola, porte-parole de la Fédération des professionnels de la cigarette électronique (Fivape), pour qui ces accidents « relèvent de la vie des batteries lithium-ion que l’on retrouve dans les téléphones portables ».

Certains craignent cependant que cette mauvaise publicité n’ait des répercussions négatives sur un marché, qui compte 1,5 million d’utilisateurs réguliers, 3 millions avec les vapoteurs occasionnels.

Après avoir observé les photos de l’appareil incriminé dans l’accident survenu ce week-end, plusieurs acteurs de la filière ont assuré à l’AFP qu’il s’agissait d’un « clone », une contrefaçon dans le jargon des vapoteurs.

Ce qui est certain à ce stade, c’est que l’accident a été causé par l’explosion d’un matériel commercialisé dans le réseau de boutiques Ci-Klop, comme le confirme le fondateur de l’enseigne, Fabrice Barrette. « Cela fait plus de trois ans que nous sommes sur le marché et nous n’avons jamais eu de souci avec notre matériel, on ne sait pas ce qui s’est passé », assure le dirigeant à l’AFP, qui dit avoir rappelé les produits jugés risqués par mesure de sécurité.

Mais pour Stéphane d’Elia, fabricant et distributeur, qui a fondé l’enseigne Cigaverte, la e-cigarette est clairement une copie chinoise qu’il appelle « decepticon », du nom des personnages de Transformers. « On voit que l’appareil est monté avec un clearomiseur (partie supérieure de la e-cigarette qui contient le e-liquide, NDLR) dont les originaux ne sont même plus en vente », analyse-t-il. Une copie connue selon lui pour avoir un « gros défaut de fabrication », à savoir l’absence de trous de sécurité pour permettre au gaz de s’échapper en cas de surchauffe. Un défaut que confirme un autre distributeur, qui souligne de surcroît que la batterie est un générique bas de gamme et que la copie se vend 30 euros quand l’original est à 200 euros.

Jean-Philippe Planchon, fondateur de myVapors Europe, qui distribue les marques Joyetech et Eleaf, se dit lui « très étonné » par le nombre de contrefaçons. « Au moins 10% des produits que nous retrouvons dans notre service après vente sont contrefaits », constate-t-il. Ce qu’il explique par le fait que le marché n’est pas encore structuré.