Plusieurs études ont déjà testé l’éventuelle cytotoxicité des vapeurs d’e-cigarette sur de nombreux types de cellules (cardiaques, pulmonaires, buccales …), observant jusqu’à présent un effet cytotoxique (propriété d’être toxique pour les cellules) très inférieur à celui provoqué par la fumée du tabac.
Or, dans une étude qui vient de paraître (et ayant déjà fait quelque bruit aux États-Unis) dans la revue Oral Oncology, des chercheurs de l’Université de Californie affirment avoir constaté une toxicité importante de la vapeur de cigarette électronique sur des cellules testées in vitro. À tel point que le docteur Jessica Wang-Rodriguez qui a dirigé ces travaux n’hésite pas à déclarer : « Sur la base de nos résultats, je ne crois pas que la cigarette électronique soit moins nocive que le tabac ».
Ce qui va à l’encontre de nombreuses autres études et recommandations (voir Lmdt du 29 octobre 2015 ainsi que des 20 août 2015 et du 29 novembre 2014).
Cela dit, il est toujours intéressant de voir comment a procédé l’équipe américaine qui a observé la cytotoxicité de la vapeur produite par deux types de e-liquide – l’un avec nicotine, l’autre sans – sur des cellules épithéliales qui tapissent notamment la bouche ou les poumons. Placées dans des boîtes de Pétri, ces cellules ont été exposées à des doses très importantes de vapeur, doses qui, de l’aveu même des auteurs, ne correspondent pas à une utilisation normale : « dans cette étude, les tests correspondaient à une personne fumant de façon continue pendant des heures et des heures, donc une quantité supérieure à celle qui serait normalement délivrée » reconnaît le docteur Wang-Rodriguez.
Quoi qu’il en soit, ils ont constaté que l’ADN des cellules testées était endommagé d’une façon semblable à ce qui est constaté avec la fumée du tabac. Une altération du génome pouvant donc, en théorie, augmenter le risque cancérigène. De la même façon, les cellules soumises aux tests avaient plus de chance de se nécroser ou d’entrer en apoptose, processus par lequel une cellule programme son autodestruction en réponse à un signal. Cette génotoxicité – forme génétique de la cytotoxicité – a été observée non seulement avec la vapeur contenant de la nicotine mais également, dans des proportions moindres, avec celle ne contenant pas de nicotine.
« Beaucoup d’études ont montré que la nicotine peut endommager des cellules », déclare le docteur Wang-Rodriguez, « mais nous avons constaté qu’elle n’est pas le seul composant responsable. Il doit y avoir d’autres composants dans les e-cigarettes qui font ces dégâts. Pour l’instant, nous avons au moins pu montrer que la e-cigarette peut être liée à un risque accru de mort cellulaire. Nous espérons identifier les composants qui contribuent à cet effet », ajoute-t-elle.
Nul doute que méthodologie et conclusion vont être âprement débattues au sein des communautés scientifiques et de la cigarette électronique.
Car ce n’est quand même pas un hasard, non plus, si tant de médecins sont favorables à la cigarette électronique, tant pour permettre de freiner que d’arrêter sa consommation de cigarette électronique.
Le débat reste ouvert.




