Eric Ciotti – président du conseil général des Alpes-Maritimes et député UMP – a déposé, vendredi 17 janvier, une proposition de loi « visant à instaurer dans les lycées un dispositif obligatoire de dépistage de la consommation de stupéfiants par les élèves ». Une initiative à contresens « de la culture de l’excuse et de la banalisation », le député lançant ainsi un pavé dans la mare sur le rôle essentiel que devrait jouer l’éducation nationale dans la prévention.
Rebondissant sur l’étude de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanie (OFDT) soulignant « l’effet lycée dans le pic de consommation des addictions » (voir Lemondedutabac du 10 décembre), le député prône des « outils plus coercitifs ». Au nom de la santé publique. La France est le pays européen où l’usage du cannabis est le plus fréquent (41,5 % des jeunes de 17 ans l’ont expérimenté, et 6,5 % sont des fumeurs réguliers). Et au nom de la sécurité : « le trafic de drogue étant au cœur de tous les grands réseaux criminels. Qui dit trafic, dit consommation. Il faut donc s’attaquer aux trafiquants, mais aussi aux consommateurs ».
L’objectif est de confier à l’éducation nationale une « action préventive, dissuasive et réparatrice ». Le système de dépistage annuel dans le cadre de la médecine scolaire servant autant à dissuader les jeunes « détectés » qu’à responsabiliser les parents.
Sur i>TELE ce matin, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, a répondu que cela ne suffirait pas face à ce qui est, à ses yeux, une question de santé publique : « On a un travail considérable de prévention et d’accompagnement sur les questions d’addiction. Ces chiffres sont très mauvais », a-t-il précisé en élargissant le problème à l’alcool, au tabac, aux grossesses précoces et à l’obésité pour les jeunes.
Pour rappel, en octobre 2012, Vincent Peillon prônait un débat sur la dépénalisation du cannabis …




