
Encore et toujours les écarts de prix avec l’Espagne jugés comme une concurrence déloyale…
Thème central évoqué ce 21 septembre, à Anglet, lors de l’assemblée générale de la fédération des 85 buralistes du Pays basque. Pour lutter, les buralistes doivent se réinventer.
Nous reprenons un sujet de Ici/France Bleu Pays basque, signé par Paul Nicolaï.
Les 85 buralistes du Pays basque avaient rendez-vous à Anglet ce dimanche 21 septembre pour l’assemblée générale de la fédération départementale de leur profession. L’occasion de souligner, une fois encore, les difficultés liées à la grande différence de prix qui existe entre la France et l’Espagne. Pour un paquet de cigarettes, elle est en moyenne du simple au double.
« C’est depuis 20 ans le sujet majeur pour les buralistes du département des Pyrénées-Atlantiques » souligne le Béarnais Philippe Coy qui préside la Confédération nationale de la profession.
Pertes de rentrées fiscales
« Nous faisons notre maximum pour que l’Europe réajuste ses bases de fiscalité, les chantiers sont ouverts et cela ne va pas impacter le marché français puisque nous sommes au plafond, mais cela aura une incidence sur les pays limitrophes de l’Union européenne » détaille Philippe Coy (voir 21 juillet) dont le second mandat de quatre ans arrive à échéance le mois prochain.
À cela s’ajoute une récente directive de l’Europe qui « oblige la France à autoriser le consommateur à passer la frontière avec un maximum de quatre cartouches alors que notre gouvernement avait réduit cette possibilité à une seule cartouche » déplore le Biarrot François Dupin qui préside la fédération des buralistes du Pays basque.
Si l’on y ajoute la contrebande de cigarettes, c’est « une perte fiscale annuelle de 4,5 milliards pour la France » insiste Philippe Coy.
Si la chute vertigineuse du nombre de buralistes semble enrayée, avec un buraliste pour 2 500 habitants, les volumes de tabacs vendus sont en baisse. Moins 11,5 % selon la fédération pour la période de janvier à juillet 2025 par rapport à la même période de 2024. En valeur, cela représente une baisse de 8,2 %. « La forte augmentation du prix des paquets il y a deux ans y est pour beaucoup » rajoute François Dupin.
« Il faut sortir du triptyque presse/tabac/jeux »
Conscient que l’image du tabac est de moins en moins valorisée dans la société, pour ne pas dire plus, les buralistes misent désormais sur « un engagement de services essentiel aux 10 millions de clients journaliers » explique la fédération.
Une stratégie de transformation du réseau déjà débutée chez 5 500 buralistes de France.
« Il faut sortir du triptyque presse/tabac/jeux en développant d’autres services de proximité » insiste Philippe Coy.
Exemples : le paiement des autoroutes, les services bancaires, de la restauration, les colis… « La force du maillage du territoire est l’un de nos atouts », rajoute Philippe Coy qui va passer la main le 10 octobre prochain.
Il est remplacé à la tête de la Confédération par l’actuel président de la fédération des buralistes du département de l’Oise, Serdar Kaya (voir 9 septembre).




