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2 Mar 2025 | Profession
 

13 euros le paquet de cigarettes. Le montant fait mal, à la fois aux consommateurs, et aux buralistes, qui s’inquiètent de voir les clients partir. La nouvelle pourrait être bonne, dans l’objectif que moins de Français fument … Mais beaucoup changent seulement de fournisseur.

La fédération des buralistes de l’Ain note une baisse de 11 % des volumes de tabac livrés dans le département, entre janvier et décembre 2024 par rapport à l’année précédente.

« On ne parle plus aujourd’hui uniquement des buralistes frontaliers qui subissent déjà la concurrence des pays voisins ayant des prix plus abordables grâce à une fiscalité moins lourde mais …de tous les buralistes », souligne, dans La Voix de lAin, Cyrille Gaillard, président départemental des buralistes. (Voir 16 février).

•• Au tabac-presse de Chazey-sur-Ain, Sophie (photo) constate une baisse des paquets de cigarettes vendus, surtout après les vacances : « On a une clientèle de réguliers. Parfois, je dis à un client que ça fait longtemps qu’on ne l’a pas vu. Il me dit qu’il s’est fourni de plusieurs cartouches à l’étranger. »

Au-delà de la baisse de ventes de cigarettes, la gérante remarque des changements d’achats à chaque hausse, les clients se dirigeant un temps vers une marque moins chère, avant de revenir à leur paquet habituel pour retrouver son goût. « C’est l’angoisse pour la commande tabac tous les quinze jours », déplore-t-elle. Elle doit bien plus souvent aller au dépannage tabac, à Mions (Rhône) à une heure de route.

•• S’approvisionner à l’étranger, voire dans les réseaux clandestins, c’est ce que déplore Cyrille Gaillard : « Se posent alors le problème de violation de notre monopole d’État, mais également un problème de fond car les cartouches achetées à l’étranger, puis revendues sous le manteau en France, sont des paquets de cigarettes contrefaites et pour lesquelles personne n’est capable de garantir la traçabilité et encore moins le contrôle qualité des produits. »

Parallèlement à la question du prix du paquet, « devenu un produit à très forte valeur marchande », celle du risque de cambriolage et de braquage est aussi posée par la Fédération qui rappelle que dans l’Ain, « deux cambriolages et un braquage ont déjà eu lieu pour le seul mois de janvier  ». Sophie est elle aussi consciente du risque : « je vois les collègues qui y passent. » Mais elle est rassurée par la présence du chien d’une de ses employées : « c’est dissuasif. Si elle n’avait pas de chien, j’en aurais pris un. »