« Je n’ai jamais voulu tuer personne » : le patron d’un bar-tabac du Tarn, condamné à sept ans de prison pour le meurtre d’un cambrioleur de 17 ans une nuit de décembre 2009, a plaidé la légitime défense, ce mercredi, au premier jour de son procès en appel à Toulouse (voir Lmdt du 7 décembre), tel que relaté dans une dépêche AFP.
« J’ai fait appel parce que j’estime que je ne suis pas un meurtrier, je n’ai jamais voulu tuer personne », a assuré Luc Fournié, 59 ans, qui comparaît libre jusqu’à vendredi devant la cour d’assises de Toulouse. « Est-ce que je regrette ? Bien sûr que je regrette tout depuis le début, mais c’est trop tard », a-t-il ajouté, des propos qualifiés de revirement par les parties civiles.
Les mains jointes, portant un pull gris et des lunettes fines, M. Fournié a calmement écouté les témoins qui ont défilé à la barre, les débats gravitant de près ou de loin autour de la légitime défense, plaidée par l’accusé.
Psychologues et psychiatres ont dépeint un homme à la « biographie banale » qui a « construit son identité autour de sa famille ». Celui qui a répété en première instance avoir voulu « défendre sa famille » le soir du drame avait monté une entreprise de torréfaction familiale dans le Lot avant de reprendre l’établissement de Lavaur en 2003 en cogérance avec sa sœur.
« Il avait une seule hypothèse en tête : une agression de gens armés de l’Est, qui se serait mal passée pour lui. Ce qu’on peut lui reprocher c’est de ne pas avoir imaginé autre chose », a souligné l’une des expertes-psychologues.
Alors que des proches de l’accusé ont loué à la barre son « calme » et ont défendu un « brave homme » au « caractère exemplaire » qui a voulu « défendre sa famille », d’anciens « piliers » de son établissement ont regretté qu’il n’ait pas ressoudé les barreaux ou simplement « laissé la lumière allumée ».
Certains ont aussi rapporté des fanfaronnades, avant les faits, de la part de l’accusé qui les a vivement contestées. « J’ai vu M. Fournié brandir un fusil et lancer : « ils peuvent venir ». Ça me paraît impensable », a déclaré un témoin se présentant comme un « meuble » du bar-tabac. Il a cependant hésité au moment d’identifier le fusil utilisé le soir du drame. « C’est un gamin qui est resté sur le carreau, et tous en tant qu’adulte, on pouvait largement l’éviter. Je pense qu’il n’en a pas parlé aux bonnes personnes », a-t-il jugé.




