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11 Nov 2015 | Pression normative
 

Bruno Le RouxLundi dernier, un communiqué particulièrement offensif de Bruno Le Roux (le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale) dénonçait les « méthodes de lobbying obscures » de l’industrie du tabac au palais Bourbon (voir Lmdt du 9 novembre). Dès le lendemain, la chaîne parlementaire / LCP fait circuler et diffuser une vidéo, dans laquelle ne témoignent en fait que deux députés PS de la commission des affaires sociales : Marie-Françoise Clergeau et Chaynesse Khirouni.

Selon LCP, toutes deux auraient été averties par un de leurs collègues que leur nom figurait dans un email – envoyé par un cabinet de lobbying mandaté par un fabricant de tabac – dans lequel elles étaient présentées comme favorables à un report de l’entrée en vigueur du paquet neutre. Alors qu’elles avaient voté pour le paquet neutre en première lecture.

Les deux députées ont donc réagi vivement, auprès du cabinet qui n’a pas répondu, et ont reçu le soutien empressé de Bruno Le Roux qui explique dans la vidéo : « quand le lobbying est fait de manière particulièrement grossière, comme le fait l’industrie du tabac, cela pose un problème parce que cela fait dire à des députés le contraire de ce qu’ils pensent. C’est ce que je reproche avant tout à ce type de lobbying ».

Ce que Bruno Le Roux ne raconte pas dans la vidéo, en termes de manœuvre suspecte, si ce n’est grossière … c’est la modification discrète de la composition de la commission des affaires sociales, quelques jours avant le 9 novembre, avec l’arrivée d’Anne-Yvonne Le Dain et de Catherine Quéré. Or, toutes deux étaient signataires d’un appel commun de 60 parlementaires de la majorité demandant à Manuel Valls et François Hollande d’assouplir les règles de la loi Evin encadrant la publicité sur l’alcool.

Remplacement opportun … puisque l’amendement modifiant la loi Evin sur ce point a été adopté à la suite d’un débat serré (voir Lmdt du 9 novembre), sachant que cela n’a pu se faire qu’avec la bénédiction morale du président du groupe socialiste. La députée Catherine Lemorton, présidant les travaux, n’a pas manqué de lui demander des explications sur cette « manipulation dans sa commission ».

En revanche, le paquet neutre a fait l’objet, pendant le débat en commission, d’un rappel aussi appuyé qu’insistant de la position favorable du groupe socialiste.