
L’industrie du tabac favorise-t-elle la contrebande de cigarettes – tout en évitant les hausses de prix du paquet en France – en approvisionnant en quantité plus que nécessaire les pays frontaliers comme le Luxembourg ? C’est ce que dénonce l’ancien ministre de la Santé Frédéric Valletoux.
Nous reprenons un sujet d’Amélie Courtet sur RMC, le 9 mars.
L’ancien ministre de la Santé, Frédéric Valletoux, accuse l’industrie du tabac de nourrir un « commerce parallèle » en surapprovisionnant volontairement nos pays voisins. Dans un courrier, le président de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale demande au Premier ministre d’y mettre fin en agissant auprès de la Commission européenne (voir le 8 mars).
Car aujourd’hui, 80 % du commerce parallèle de tabac constaté en France provient d’achats effectués dans les pays limitrophes selon un rapport des Douanes d’octobre 2025.
Un enjeu de santé publique, qui fragilise aussi les 22 000 buralistes en France.
C’est ce que dit subir Antoine Palumbo, président des buralistes de Moselle (voir 8 juillet 2025), dont le bureau de tabac se trouve à 30 minutes de voiture du Luxembourg, où les cigarettes coûtent moitié moins cher qu’en France : « C’est entre 8 et 10 euros, nous c’est 13 euros », précise-t-il à RMC.
Et cette différence de prix favoriserait un commerce parallèle qui explose selon lui : « Aujourd’hui le trafic est installé dans nos communes en face de nos commerces. Des épiceries de nuit, des kebabs, des boulangeries, vendent des cigarettes de trafic », assure-t-il. Résultat, le buraliste estime perdre 10 % de sa clientèle chaque année.
Cette contrebande serait donc nourrie par un « surapprovisionnement » organisé par les cigarettiers comme le dénonce Frédéric Valletoux, l’ex-ministre de la Santé aujourd’hui député Horizons de Seine-et-Marne.
L’élu appelle le Premier ministre à appliquer un protocole de l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé, ratifié en 2015 par la France « qui vise à ce qu’on oblige les cigarettiers à livrer autant de cigarettes dans chaque pays qu’on en a besoin.
En France, il faudrait livrer 41 milliards de cigarettes mais les cigarettiers n’en livrent que 25 milliards », explique-t-il.




