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23 Jan 2025 | Profession
 

Nous avons donné l’information ici-même en exclusivité (voir 3 janvier).

« C’est l’histoire d’une bâche publicitaire qui peut encore faire beaucoup de bruit … Une bâche publicitaire de 360 mètres carrés qui a recouvert – pendant deux semaines – la façade de l’église Notre-Dame-de-Lorette, actuellement en travaux, près de la gare de Saint-Lazare à Paris. Le problème, c’est que cette publicité est signée BAT : British American Tobacco » (voir 17 janvier).

C’est ainsi que commence le commentaire de France Inter sur l’opération originale de communication d’appel au dialogue de BAT : « Une France sans Tabac, ça vous intéresse ? ». 

« BAT, c’est tout simplement le deuxième plus grand fabricant de cigarettes au monde. Le groupe commercialise notamment les marques Lucky Strike, Camel ou encore Rothmans.

« Un cigarettier qui fait de la publicité en plein Paris, c’est tout simplement illégal depuis 1991 et la loi Évin. Quand l’association l’ACT / Alliance contre le Tabac se rend compte de la « supercherie », la semaine dernière, elle demande immédiatement à la mairie de Paris son retrait. La publicité a finalement été retirée le week-end dernier.

•• « Pourquoi un cigarettier dépense-t-il de l’argent pour une « France sans tabac » comme écrit sur cette immense bâche ? Ce n’est pas si étonnant que ça. British American Tobacco a dépensé 300 000 euros pour cette publicité, qui ne sera restée en place que 2 semaines. Toute la subtilité réside en fait dans le sous-titre de la pub : « Et si on se parlait des alternatives ? » et du QR code qui renvoie sur le site de British American Tobacco …

« Comme les ventes de tabac baissent drastiquement ces dernières années, les cigarettiers misent sur des produits alternatifs : le dernier en vogue, ce sont les sachets de nicotine, 125 millions d’unités vendues l’année dernière en France rien que par British American Tobacco.

« L’ancienne ministre de la Santé du gouvernement Barnier, Geneviève Darrieusecq, a voulu les interdire, mais avec la valse des ministres, ces sachets sont toujours en vente. Les parlementaires vont discuter de leur sort lors du projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale.

•• « Il n’a pas été détecté immédiatement que derrière la campagne se tenait l’industrie du tabac », explique la mairie de Paris à France Inter. (sic)

Et France Inter d’ajouter : « La ville de Paris, comme les services de l’état, n’a pas réussi à déjouer le lobby du tabac. Dès que la DRAC a donné l’autorisation de décrocher cette campagne, la ville l’a fait. Elle aura été tout de même visible deux semaines. La ville se réserve le droit de se retourner contre la régie publicitaire qui propose cette campagne de promotion de la nicotine interdite en France. » Photo : @Radio France