Ce choix de la municipalité est illégal, répète, dans Le Parisien, Michel-Dominique Philippe (président de la fédération d’Eure-et-Loir) après l’autorisation par la ville de l’ouverture d’un tabac au cœur d’un centre commercial à Dreux (voir 15 janvier).
« Le décret de 2010 interdit l’implantation d’un tabac dans tous les centres commerciaux. Il n’y a aucun logement autour. Il y a un centre de loisir tout proche avec la patinoire qui vient de s’ouvrir. Il n’y a aucune ambiguïté, c’est un vrai centre commercial », poursuit-il.
•• Les buralistes en ont été informés par courrier le 31 décembre 2024. La fédération des buralistes a décidé de saisir le préfet, Hervé Jonathan. Elle va aussi déposer un recours devant le tribunal administratif pour « interrompre la procédure », car la future implantation mettrait en péril l’équilibre économique des quinze autres buralistes drouais.
« L’implantation dans un centre commercial d’un tabac engendre la disparition de cinq à sept buralistes. C’est ce qui est à l’origine du décret de 2010. Tous les buralistes de Dreux seront impactés avec un concurrent en pleine zone commerciale avec des clients qui ne viendront plus en centre-ville, car ils pourront faire toutes leurs courses au même endroit », justifie le président eurélien.
•• La ville de Dreux affirme avoir refusé en novembre dernier la demande d’un buraliste d’implanter son commerce au sein des Coralines. Le demandeur ayant fait appel, Dreux a choisi de « consulter un cabinet parisien » pour examiner le recours du requérant.
« Ce n’est pas illégal », affirme un proche du maire, Pierre-Frédéric Billet. « Le recours, on l’a fait examiner, et les avocats disent qu’il a raison sur le fond. Le maire a repris un arrêté en décembre pour autoriser l’implantation. La ville ne prend pas position, mais se conforme au droit. Si la fédération décide de saisir le tribunal administratif, on verra si elle gagne. Le sujet est beaucoup trop pointu juridiquement. »
•• Dreux attend désormais la réponse du préfet ou de la justice. Une position qui étonne Michel-Dominique Philippe. « J’ai sollicité les douanes et la préfecture. Tout le monde s’accorde pour dire que l’implantation est impossible. Pourtant le maire le fait. C’est une position électoraliste. Ce n’est pas un accident, il connaît très précisément la réglementation. Ça lui permettra de se dédouaner vis-à-vis du demandeur en disant que c’est la préfecture qui a refusé l’implantation », pense savoir le président des buralistes euréliens.




