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8 Juil 2015 | Observatoire
 

Alcool HopitalSelon une étude de l’Institut de Veille sanitaire (InVS), publiée ce mardi 7 juillet dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), l’alcool reste l’une des toutes premières causes d’hospitalisation en France, avec un coût estimé à 2,64 milliards d’euros en 2012. Ce qui souligne l’insuffisance de la prise en charge hospitalière des abus d’alcool.

En 2012, l’alcool a induit : plus de 580 000 hospitalisations (+ 11,3% par rapport à 2006), dites de courts séjours (MCO / médecine-chirurgie-obstétrique); plus de 2,7 millions de journées dans les services psychiatriques (10,4% du total) ; et plus de 2 millions de journées liées à l’alcoolisation excessive dans les services de soins de suite et de réadaptation (soit 5,6% de leur activité totale).

Le coût estimé s’élèverait à près de 3,6% de l’ensemble des dépenses hospitalières en 2012, estime l’étude. « L’ensemble de son coût sanitaire et social est de l’ordre de 20 milliards d’euros par an », ajoute le professeur François Paille du service d’addictologie du CHU de Nancy. Il souligne que « l’essentiel des coûts hospitaliers sont dus aux complications de l’alcool : il y a 5 fois plus de patients hospitalisés pour des complications que pour la seule dépendance à l’alcool ».

Cela confirme « l’insuffisante prise en charge des comportements d’alcoolisation excessive et du sevrage, d’abord aux urgences puis ensuite au cours d’hospitalisation pour ivresse », a confirmé à l’AFP le docteur Michel Reynaud, président du fonds Actions Addictions, cosignataire de l’étude. « Les patients hospitalisés pour une complication de leur alcoolisme ont en moyenne 57 ans, ceux pour sevrage 48 ans et ceux hospitalisés pour « intoxication aiguë » 43 ans », commente le spécialiste, « quand on arrive aux complications à 57 ans en moyenne (cirrhose, troubles neurologiques, cardiovasculaires comme l’hypertension ou dilatation cardiaque, accidents, cancers…) c’est qu’on a loupé toutes les phases préliminaires, de l’ivresse aiguë en passant par l’alcoolisation excessive chronique puis la dépendance ».

Mais les chiffres des hospitalisations et de leurs coûts sont « sous-estimés », insistent les deux signataires de l’étude. Ainsi, nombre d’hospitalisations pour cancers liés à l’alcool n’apparaissent pas dans les statistiques, faute d’être correctement signalées lors du séjour, notent-ils.

L’alcool est responsable de 49 000 morts par an en France. C’est la deuxième cause évitable de mortalité prématurée après le tabac (78 000 morts d’après les derniers chiffres officiels).

Ce qui serait intéressant de connaître, en outre. C’est le chiffre de morts correspondant à la conjugaison des deux causes …