Il y a d’autres urgences, dans notre pays, au jour d’aujourd’hui. Il n’empêche que le gouvernement se préoccupe … du phénomène de l’addiction « aux jeux d’argent et de hasard » (JAH). Les ministres des Sports et du Budget, Valérie Fourneyron et Bernard Cazeneuve, ont même visité, à l’hôpital Marmottan il y a une semaine, un centre de soins et d’accompagnement des pratiques addictives.
Les deux ministres entendent « exercer une vigilance particulière » sur l’addiction au jeu, un phénomène encore mal cerné en France, et « sont mobilisés pour promouvoir une pratique responsable qui protège les joueurs » peut-on apprendre au détour d’un communiqué passé inaperçu. Sachant que l’on estime à 30 millions le nombre de joueurs, occasionnels ou plus habituels, dans notre pays.
Un phénomène mal cerné ? Ce sont, en tout cas, les conclusions d’un récent rapport de l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (Arjel), en date d’avril 2013. L’Autorité propose, au cœur de ses 33 recommandations, de mesurer l’importance et les évolutions de la pathologie de l’addiction « au jeu excessif » et l’efficacité des dispositifs de prévention. Car la dernière enquête en la matière remonte à 2010, c’est-à-dire avant l’ouverture du marché des jeux en ligne (paris sportifs, hippiques et poker).
L’étude en question – menée par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) – révélait que 1,3% de la population était concerné par ce « problème de santé publique », soit 400 000 joueurs à « risque modéré » et 200 000 qualifiés d’« excessifs ».
Un taux de prévalence qui plaçait la France loin derrière les Etats-Unis ou l’Australie (autour de 5%) et légèrement derrière l’Italie, le Canada, la Belgique et la Grande-Bretagne (autour de 2%). La même enquête faisait par ailleurs apparaître que les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis « les plus à risque ou les plus intensives » étaient davantage retrouvées chez les joueurs « excessifs » que parmi l’ensemble des joueurs ou dans la population générale. Tout cela pour cela …
Il est peu probable qu’une nouvelle enquête bouleverse ces données. Mais c’est toujours moins onéreux que la mise en place d’une vraie politique de prévention … Et cela permettra à quelque personnalité de se mettre en valeur à travers des recommandations bien senties.




