A la veille de la manifestation des buralistes devant le Parlement de Strasbourg, Seita a réitéré une opération de communication régionale, comme à Lille récemment (voir Lemondedutabac du 22 janvier), au cours d’une conférence de presse sur les effets négatifs de la prochaine Directive tabac. En particulier dans les régions frontalières de l’Est déjà exposées. Avec trois types d’arguments.
« Au-delà de leur inefficacité, les mesures inscrites dans le projet de Directive ignorent également les difficultés rencontrées par les régions frontalières telles que l’Alsace ou la Moselle » a rappelé la Seita, mettant en cause la concurrence tarifaire et le déficit d’harmonisation fiscale entre les états-membres.
• Chiffres à l’appui
En Alsace, 22% des cigarettes et 5% du tabac à rouler sont achetés hors du réseau légal des buralistes, majoritairement en Allemagne. La Lorraine est encore plus touchée avec 37% des cigarettes et 87% des tabac à rouler, acquis hors réseau officiel. Le différentiel de prix étant inférieur de 20% (cigarettes) à 13% (tabacs à rouler) en Allemagne ; de 27% (cigarettes) à 34% (tabacs à rouler) au Luxembourg.
Conséquence inéluctable : plus de 180 bureaux de tabac ont disparu en moins de dix ans dans le Bas et Haut Rhin, soit un buraliste sur quatre.
• Une Directive, en préparation, contreproductive
Eric Sensi, directeur des affaires corporate de la Seita, a de nouveau insisté sur l’inefficacité du « paquet quasi générique » (avec 75% de surface réservé aux avertissements sanitaires) : la mise en place des photos-chocs serait déjà remise en doute par la commission Industrie de la Commission européenne et l’opinion publique serait dubitative sur les mesures : comme l’attestent les enquêtes IPSOS (voir Lemonde du tabac des 23, 24 et 25 octobre 2012) ou Eurobarométrie 2012 (voir Lemondedu tabac du 29 novembre 2012).
• L’Europe ne serait pas unie derrière des « solutions à seule vocation d’affichage ». Comme l’interdiction des cigarettes mentholées ou des cigarettes fines (slims ) contre laquelle des pays comme l’Italie ou la Pologne ont formulé leur rejet. « Et si certaines dérogations étaient accordées, une nouvelle distorsion de concurrence avec la France aggraverait trafic et contrebande » souligne Seita.
En conclusion, Eric Sensi propose un dialogue constructif, entre pouvoirs publics et toute la filière tabac, alors que « ces propositions de Direction ne valorisent en rien la prévention. Elles donnent priorité au tout coercitif, dans la lignée de politiques menées en France ces dernières années ».




