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17 Avr 2018 | Profession
 

Ce mardi 17 avril, les « Journées de la Transformation #Buralistes 2021 » (voir Lmdt des 11 et 4 avril ainsi que des 12 et 6 mars) se déroulent à Besançon. 

L’Est Républicain (édition de ce jour) est allé à la rencontre des buralistes, en quête de nouveaux débouchés.

•• Frédéric Roland – patron d’un bar-tabac aux Fins et président de la chambre syndicale des buralistes du Doubs – se dit heureux que ces « journées de la transformation » se déplacent « sur le terrain, bien qu’il y ait toujours eu un travail de relais de ce qui se faisait au niveau national. Là, on vient nous apporter des avancées, nous expliquer comment la profession va évoluer et rencontrer nos décideurs. »

Car l’activité en a pris un coup avec la dernière augmentation des prix du tabac : « …et c’est la fréquentation qui fait vivre nos boutiques. Chez moi, le client qui vient acheter un paquet de cigarettes prend aussi un petit café, chez d’autres, c’est le journal, une revue… Jusqu’à présent, on était les leaders en termes de fréquentation journalière. L’augmentation de 1 euro au mois de mars, nous a porté un rude coup. » L’impact est assez rapidement quantifiable, ajoute-t-il.

« C’est simple, je vois réapparaître les paquets rouges ou jaunes achetés de l’autre côté de la frontière sur le comptoir, alors que nos clients s’étaient habitués au paquet neutre ; ce qui prouve bien que c’est avant tout une question de prix. »

•• Buraliste à Morteau (15 kilomètres de la frontière suisse), Myriam Goguel défend l’harmonisation des taxes avec les voisins européens et plus de contrôle aux frontières : « le marché noir existe et on le ressent fortement. Nous, on le voit bien sur les grosses références comme « Marlboro », on a parfois une baisse brutale de la consommation. C’est synonyme de contrebande. »

« … On a une baisse des ventes et régulièrement les gens nous le font remarquer, ce n’est jamais très agréable. Et puis, en Suisse, les stations-service se sont mises à vendre du tabac, donc pour elles, c’est le jackpot. Entre l’essence et les cigarettes, les clients frontaliers font le plein et ce sont des clients en moins, pour nous. » Même si les Suisses viennent acheter la presse – moins chère – en faisant leurs courses et jouer aux jeux d’argent (les gains sont imposables en Suisse).

« La première volonté (du fumeur, ndlr) c’est de payer moins cher. On aurait pu réserver la cigarette électronique aux bureaux de tabac. Les boutiques ont très bien su où se placer, juste à côté de nous. On a pourtant été les précurseurs à Morteau, et les concurrents ont suivi. On est des collecteurs de taxes pour l’État et quelque part, on ne se sent pas assez soutenu » ajoute Myriam.