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7 Nov 2013 | Observatoire
 

SubstitutsSuspectés par les autorités sanitaires de provoquer dépressions et tendances suicidaires, le Zyban et le Champix viennent d’être « innocentés » par une étude britannique publiée dans le British Medical Journal.

« Il n’y a aucune preuve que la varénicline ou le bupoprion (les principes actifs du Champix et du Zyban, NDLR) augmentent le risque de dépression ou de tentative de suicide par rapport aux substituts nicotiniques » affirment les chercheurs de l’université de Bristol qui ont examiné les statistiques des hôpitaux et des registres britanniques de mortalité. L’étude a porté sur près de 120.000 adultes prenant un des trois traitements d’aide au sevrage entre 2006 et 2011. Sachant qu’en Grande-Bretagne, un million de patients a eu recours à ces traitements en 2011.

Mieux, ces médicaments réduiraient même ces risques de dépression. Selon le professeur Henri-Jean Aubin, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif interrogé par Le Figaro, « le risque de dépression est significativement réduit avec Champix et Zyban par rapport aux gommes ou aux patchs ». Même écho chez le professeur Aubin, « les études ont montré qu’il double le taux de succès de l’arrêt, mesuré à un an, par rapport aux substituts nicotiniques ». Substituts dont l’efficacité à long terme a, récemment, été mise en doute par une publication scientifique (voir Lemondedutabac du 8 septembre).

En France, les ventes de Champix et de Zyban sont en chute libre. En raison d’une incertitude sur leurs effets indésirables et leur efficacité, ces molécules ont été retirées en 2011 du forfait annuel de 50 euros versés par l’Assurance-maladie en cas de sevrage tabagique. La Haute Autorité de santé recommande de ne les prescrire qu’après un échec des substituts nicotiniques. Aux Etats-Unis, le Champix fait l’objet d’un recours collectif avec 1 200 plaintes déposées (voir Lemondedutabac du 31 mars).

Et la prudence reste de mise du côté de l’Agence nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) qui estime que « si ces molécules ne créent à l’évidence pas un surrisque de troubles psychiatriques, l’arrêt du tabac reste une période critique pour les patients qui impose une grande vigilance ».

Difficile de s’y retrouver dans ce labyrinthe des aides au sevrage tabagique.