Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
29 Nov 2023 | Vapotage
 

Les députés ont fait un premier pas vers l’interdiction des « puffs » mardi soir, en adoptant en commission une proposition de loi transpartisane pour prohiber ces cigarettes électroniques jetables à destination des jeunes (voir 28 et 15 novembre).

C’est ce qu’annonce une dépêche AFP que nous reprenons.

•• Porté par l’écologiste Francesca Pasquini et le macroniste Michel Lauzzana, le texte a fait l’unanimité en commission, avant son arrivée dans l’hémicycle de l’Assemblée lundi soir prochain, en première lecture. Il prendra ensuite la direction du Sénat, dans l’espoir d’acter l’interdiction des « puffs » d’ici la fin de l’été.

Francesca Pasquini s’alarme du « succès fulgurant » chez les adolescents de ces « cigarettes électroniques jetables », aux « arômes qui évoquent l’enfance, chocolat, fraise » et aux « couleurs flashy », qui « se confondent facilement dans une trousse avec des stabilos ». « Elles ne contiennent pas de tabac mais peuvent contenir de la nicotine », « substance vénéneuse » et « addictive », a dénoncé la députée des Hauts-de-Seine. Et c’est « une catastrophe pour l’environnement » car ces « puffs contiennent une petite batterie en lithium pas ou peu rechargeable et qui finit à la poubelle ».

Lundi, l’élue écologiste avait convié à l’Assemblée une série d’acteurs associatifs dont Loïc Josseran, président de l’Alliance contre le Tabac. Les « puffs » sont une « épidémie pédiatrique », a lancé M. Josseran, évoquant de premiers utilisateurs dès « 11 ou 12 ans », malgré l’interdiction de vente de ces produits aux mineurs.  « En mettant de la nicotine au contact des cerveaux, les industriels n’ont d’autre objectif que de fidéliser leurs consommateurs pour les 20 ou 30 prochaines années », a-t-il affirmé.

•• La proposition de loi est soutenue par le gouvernement : après le dépôt du texte en novembre 2022, la Première ministre Élisabeth Borne avait à son tour réclamé l’interdiction des « puffs » début septembre (voir 3 septembre).

« Nous interdirons les puffs », une « aberration » pour la santé publique et l’environnement, a répété le ministre de la Santé Aurélien Rousseau mardi (voir 28 novembre).

Côté calendrier, le gouvernement doit encore notifier à la Commission européenne sa volonté d’interdire les « puffs », une démarche que la Belgique a déjà engagée. La Commission a six mois pour répondre. Le député Renaissance Michel Lauzzana a demandé en ce sens d’éviter d’élargir la proposition de loi pour ne pas contrevenir à la Directive européenne de 2014 sur les « produits du tabac ».