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7 Avr 2015 | Observatoire
 

Cinema la-gran-bellezaJournaliste à France Tv Info, Ariane Nicolas s’étonne que la députée PS Michèle Delaunay, en plein débat à l’Assemblée nationale, en rajoute, par un tweet du 3 avril : « il est indispensable que la loi Evin soit appliquée pour les films français qui contiennent aujourd’hui pour 80 % de scènes de tabagisme ». Faire baisser la consommation, d’accord, répond la journaliste sur le site de France Tv Info, mais de là à bannir la cigarette « n’est-ce pas une mauvaise idée à plusieurs titres ? ».

• Le cinéma est un art, pas un espace public ou commercial. « Il doit donc garder son indépendance et sa liberté de création au même titre que tous les autres domaines artistiques », défend la journaliste. « La transgression doit pouvoir s’y épanouir, ne serait-ce que dans un souci de vraisemblance. Une soirée, un concert, une récréation, une pause au boulot … », sans la cigarette « certaines scènes n’auraient pas la même puissance d’évocation » (photo La Grande Belleza Oscar 2014).

• Les fumeurs sont des dépendants, pas des délinquants : « D’une manière plus générale, associer la cigarette à des rôles strictement négatifs aura sûrement pour effet de conforter les non-fumeurs dans leur abstinence vertueuse, mais stigmatisera un peu plus les personnes dépendantes à la cigarette. Fumeur ne doit pas devenir synonyme de salopard, cancéreux ou dépressif. Si la cigarette représente le diable en personne, qu’on l’interdise ! »

• Il faut combattre les causes, pas les effets : « De la part du législateur, s’attaquer aux images plutôt qu’aux racines du mal sonne davantage comme un aveu d’impuissance (…) Le cinéma ne doit pas devenir le bouc-émissaire d’un pouvoir politique à la peine, incapable de lutter efficacement contre les vrais responsables ».