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17 Jan 2015 | Profession
 

Charlie Hebdo PresseUne demande que les diffuseurs de presse n’ont jamais vue. La sortie du Charlie Hebdo de la survie, ce mercredi (voir Lmdt du 14 janvier), a suscité une attente incommensurable et, donc, énormément de frustrations. Pour une fois que l’on s’apprête à acheter Charlie Hebdo – qui plus est, un numéro historique – il n’est pas là !

••• « En attendant, comme vous, je suis confronté à l’incompréhension de certains clients, voire à leur agressivité » témoigne Daniel Panetto – président de l’Union nationale des Diffuseurs de Presse (UNDP) – dans un message adressé à ses collègues. Cette réaction de certains clients est d’ autant plus mal ressentie que les marchands de journaux n’y sont pour rien. Et qu’ils ont vendu le premier million d’exemplaires (mercredi et jeudi) de façon bénévole, toute la chaîne de fabrication et de distribution ayant renoncé à toute commission ou facturation afin de contribuer au redémarrage du titre.

Ce manque de « papiers » dans les points de vente « est lié aux capacités industrielles de l’imprimerie et non au système de distribution » rappelle Daniel Panetto. Mercredi, c’est 700 000 exemplaires qui ont été livrés ; jeudi, 500 000 exemplaires … tout est parti en un rien de temps. Pour ces vendredi et samedi, un million d’exemplaires puis 500 000 étaient annoncés … mais en fait, la messagerie MLP a annoncé que seuls 230 000 sont livrés. Et pas partout (contrairement à ce qui avait été annoncé) : 44 départements ne sont pas approvisionnés ce week-end. Un autre million d’exemplaires est prévu pour lundi. Heureusement que la surchauffe sur la demande commence à se calmer avec le temps.

Il y a donc eu des problèmes d’organisation (certains explicables étant données les circonstances, d’autres peut- être moins …) au niveau de la messagerie et des dépositaires de presse assurant la livraison aux 26 000 points de vente presse (dont 15 800 buralistes). Mais il est vrai qu’il y a aussi le problème des capacités de production de l’imprimeur de Charlie, lequel a quand même offert le premier million d’exemplaires (du papier au coût de fonctionnement des rotatives). Sans compter un brusque besoin d’approvisionnement en papier venant de Scandinavie en bateau.

Quoiqu’ il en soit, le marchand de journaux s’est retrouvé l’un des protagonistes de l’actualité de ces derniers jours. Comme l’un des animateurs de Charlie, Luz, l’a déclaré dans les médias : « achetez Charlie, mais achetez avec d’autres journaux. Si on peut faire vivre les kiosques et les idées, on aura gagné ».

••• Car il y a eu un autre « effet Charlie » : les Français sont revenus à leurs journaux. Le lendemain de l’agression terroriste et barbare contre Charlie, l’ensemble de la presse quotidienne nationale a vu sa diffusion passer de 600 000 (diffusion moyenne quotidienne) à un million d’exemplaires. Même l’Équipe (+ 34 % de ventes). Et l’effet a continué sur plusieurs jours, partout : le lundi 12 janvier, Ouest France se vendait encore à + 28 %.

« Il y a un appétit incontestable pour l’imprimé qui développe plus les informations et qui est plus fiable que ce que l’on a pu voir sur Internet ou les chaînes d’information en continu » a commenté auprès de l’AFP Jean Viansson-Ponté, le président du Syndicat de la Presse quotidienne régionale (SPQR).

Cela ne veut pas dire que la décroissance – programmée inexorablement avec l’arrivée de nouveaux supports numériques – de la presse papier soit enrayée. Loin de là. Mais il est vraiment significatif de voir que « le papier » a trouvé une nouvelle place, bien à lui, entre les chaînes d’information continue et les applis sur smartphones. Ces derniers jours, les Français ont aussi eu besoin de réfléchir … et pas seulement de consommer de l’information continue. A suivre.