En plein « coup de tabac médiatique » sur l’éventuel report de l’augmentation du prix des cigarettes (voir Lemondedutabac de ce matin), le quotidien Sud Ouest consacre ses deux pages d’ouverture sur la culture du tabac , encore significative dans la région .
« L’autre french paradox » titre ainsi le quotidien, soulignant que la France « d’une main, voudrait écraser le mégot de ses 16 millions de fumeurs, et, de l’autre, subventionne les deux derniers milliers de tabaculteurs installés du Sud-Ouest à l’Alsace ».
« Quasiment condamné à mort par la suppression des aides européennes qui garantissaient jusqu’alors 80 % de son prix de vente, le tabac made in France n’a dû son sursis qu’à la générosité de l’ancienne majorité, doublée du débarquement providentiel de fabricants américains », témoigne Christophe Congues, agriculteur béarnais, qui tire 80% de ses revenus du tabac sur une exploitation de 8 hectares.
Et pour cause : le made in France disposerait d’un arôme quasiment unique. Sans oublier, ajoute le tabaculteur, qu’« en France, et particulièrement en Aquitaine, nous savons produire des tabacs plus légers en nicotine, sans pesticides ». Les chercheurs enrôlés par l’Anitta (Association nationale interprofessionnelle et technique du tabac) plancheraient d’ailleurs sur un tabac véritablement bio.
Avant d’être ministre, la députée et médecin bordelaise Michèle Delaunay se serait indignée publiquement, voici quelques mois : « Le tabac bio ? Et pourquoi pas de l’héroïne bio ? ». « Une idée encore plus dangereuse que fumeuse », aux dires des anti-tabac. Emmanuel Béguinot du CNCT déclare le projet illusoire, se basant sur un comparatif pour le moins surprenant : « Bio ou pas bio, le danger vient de la combustion. Si vous fumez vos laitues, vous serez pareillement exposé à des risques majeurs ».
« French paradox » … comme le souligne, en conclusion, Christophe Congues : « Moi, je propose de fumer moins, mais de fumer mieux, tandis que l’État laisse rentrer par millions d’obscures cigarettes de contrebande. »




