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16 Sep 2021 | Profession
 

Les ventes de Pernod Ricard ont bondi de 10 % sur son exercice annuel clos fin juin. Le groupe s’est en effet vite et bien remis de sa gueule de bois héritée du plus fort de la pandémie de Covid-19, entre février et mai 2020, analyse Le Figaro.

Sur son exercice annuel clos fin juin 2021, le numéro deux mondial des spiritueux a réalisé des performances légèrement supérieures à celles de 2019, où elles avaient atteint des records. Après avoir plongé de 9,5 % sur l’exercice clos fin juin 2020, le chiffre d’affaires du groupe a rebondi sur le tout dernier exercice de 9,7 %, à 8,8 milliards d’euros (voir 4 septembre et 26 juin).

•• « La crise du Covid n’a pas incité les gens à boire plus, comme l’a prouvé le milliard d’euros de chiffre d’affaires perdu lors de l’exercice 2020 » insiste Alexandre Ricard, PDG du groupe, « de façon générale, la consommation d’alcool a même baissé. »

Dans ce contexte de modération globale, le groupe propriétaire de Martell, Jameson, Chivas, Absolut et Havana Club a profité des évolutions des modes de consommation pour tirer son épingle du jeu : « les clients ont reporté à la maison leur consommation d’alcool dans les restaurants, bars et boîtes de nuit. Dans ce contexte, le groupe a gagné des parts de marché avec des marques fortes, visibles et activées grâce au digital » précise le dirigeant.

À l’exception du travel retail (boutiques d’aéroport), le groupe a vu ses ventes progresser sur la totalité de ses marchés, y compris la France (+1 %). Surtout, il a battu ses records d’activité sur ses deux principaux marchés, qui figurent aussi parmi les plus rentables : les États-Unis (+11 %), où il réalise plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, et la Chine (+44 %), où il a passé la barre de milliard d’euros.

•• Partout dans le monde, le groupe, dont les ventes en ligne ont bondi de 63 % sur l’exercice, a tiré profit de l’agilité opérationnelle héritée de son plan transform&accelerate engagé en 2018.

Les consommateurs font leurs courses moins souvent et passent moins de temps dans les rayons ? Pernod Ricard développe ses grands formats (1 litre en France, 1,5 litre aux États-Unis…). Ils veulent retrouver à domicile l’expérience du cocktail ? Le groupe organise des « master class » en ligne avec des experts en mixologie et signe des partenariats avec des bars proposant des cocktails prêts-à-boire en vente à emporter.

Les consommateurs privés de bars et de boîtes de nuit consacrant le même budget alcool lorsqu’ils boivent à la maison, cela se traduit par une montée en gamme de leurs achats en grandes surfaces.

La croissance de la marge opérationnelle de Pernod Ricard ne s’explique pas uniquement par cette « premiumisation ». Le groupe tire aussi profit de l’arrêt contraint des voyages d’affaires pour ses équipes et du gel des recrutements (effectif jusqu’à fin juin). Ses frais de structure n’ont ainsi augmenté que de 1 % l’an passé.

•• Ces performances ont de quoi rendre Pernod Ricard optimiste pour l’avenir, d’autant que la réouverture des restaurants se traduit par un rebond supplémentaire du chiffre d’affaires.

« En Chine, la fréquentation est équivalente à celle d’avant la pandémie, et notre chiffre d’affaires est déjà supérieur » explique Alexandre Ricard. « Aux États-Unis, les établissements qui ont rouvert sont complets. C’est souvent le cas en France aussi, malgré l’impact réel du pass sanitaire sur la fréquentation et la pénurie de main-d’œuvre dans les établissements, qui limite leur capacité d’accueil. »

•• Le groupe a ainsi toujours, « à moyen terme et dans un contexte normalisé », l’ambition de voir chaque année son chiffre d’affaires augmenter de 4 à 7 %.

Fort des succès de sa politique de digitalisation, le groupe veut par ailleurs devenir une plateforme de convivialité (The Conviviality Platform). « Notre objectif est d’utiliser les datas et l’intelligence artificielle pour proposer à chaque consommateur la bonne marque, au bon moment et au bon prix » résume Alexandre Ricard.