Le Québec vient « courageusement » de passer outre les risques de tension dans les prisons (voir Lemondedu tabac du 20 février), en décrétant une interdiction totale de fumer dans les établissements carcéraux. Laquelle devrait s’appliquer progressivement à compter du 1er juin.
Dernière province à permettre la consommation officielle de tabac dans les enceintes des prisons, le Québec se met « à la page » de la déjà lourde législation anti-tabac canadienne, cinq ans après une première tentative avortée. A l’époque, le gouvernement avait dû reculer, trois jours après la mise en place de l’interdiction, face à un mouvement de révolte des détenus.
A compter de juin, l’interdiction de fumer à l’intérieur sera, en principe, étendue au périmètre extérieur (lieux de promenade) dans deux centres de détention et généralisée à l’ensemble des prisons au printemps 2014. Le ministre de la Sécurité publique a assuré sérieusement que la mesure visait notamment à protéger la santé du personnel pénitentiaire et répondait à une demande « de nombreux détenus qui trouvent que l’air est devenu irrespirable ».
Pour dire les choses, on aura compris que tout cela est assez « bidon ». Une enquête confirmant que 93% des détenus québécois annoncent, de toute façon, continuer de fumer à l’intérieur des locaux de leur établissement pénitentiaire.
L’opposition a interpellé le ministre de la Sécurité sur le fait qu’en faisant semblant de s’attaquer au tabagisme dans les prisons, le gouvernement passait à côté de problèmes plus importants … notamment le développement du trafic.




