L’Institut national d’études démographiques (Ined) a publié, ce jeudi 19 décembre, une étude sur « la mortalité départementale », qui fait état de disparités géographiques marquées en France, et ce depuis plus de trente ans. Ces inégalités auraient tendance à se creuser depuis le début des années 90.
En 2007, l’espérance de vie à la naissance s’élevait en France métropolitaine à 77,2 ans pour les hommes et 84,3 ans pour les femmes, soit 8,1 et 7 ans de plus qu’en 1977. Mais, derrière ces moyennes, on retrouve de nombreuses variations géographiques : ainsi, en 2007, la différence de vie moyenne entre les deux départements aux extrémités du classement (Pas-de-Calais et Hauts-de-Seine) était de 6 ans pour les hommes et de 3,4 ans pour les femmes (comparé à 5,9 et 4,2 ans en 1977).
Les régions les plus défavorisées restent le Nord-Pas-de-Calais, l’Alsace et la Bretagne. A l’inverse, la mortalité est plus faible à Paris, dans le sud-ouest de l’Ile-de-France, dans les régions Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées (surtout pour les hommes), Poitou-Charentes et Pays-de-la-Loire (pour les femmes).
Les raisons :
– l’âge, bien sûr : entre 60 et 80 ans, les maladies cardiovasculaires jouent un rôle majeur sur la variabilité territoriale, suivie par les maladies du système respiratoire. Entre 30 et 60 ans, ce sont surtout les mortalités liées aux tumeurs (notamment par cancer du poumon chez les hommes), ainsi que les maladies associées à l’alcoolisme et les suicides.
– la catégorie socio-professionnelle : ce qui expliquerait en partie le contraste entre les départements parisiens (à forte proportion CSP+) et ceux du Nord (à forte proportion d’ouvriers non qualifiés). « La désindustrialisation et la croissance du chômage dans les bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie favorisent sans aucun doute les comportements nuisibles (consommation d’alcool et de tabac notamment) ainsi que les suicides, les maladies mentales et du système nerveux ». Un schéma « pauvreté, inégalités de revenus et chômage » qui ne peut être calqué sur la Bretagne de 2007), alors que l’espérance de vie y est presque aussi basse que dans le nord de la France.




