Une fenêtre sur l’actualité quotidienne de tous les événements liés directement ou indirectement au tabac
 

« Et si Bruxelles se trompait de stratégie avec ses mesures anti-tabac ? ». C’est sous ce titre que le quotidien économique – désormais en ligne – La Tribune est revenu, tout récemment, sur l’un des arguments affichés par Tonio Borg (Commissaire européen à la Santé) lors de la présentation du projet de prochaine Directive Tabac (voir Lemondedutabac du 19 décembre) : à savoir, la productivité au travail. Extraits d’un débat un peu pesant. Plaisir et addiction entrent difficilement dans les modèles économiques …

• Premier point du débat : lutter contre le tabac va-t-il permettre d’améliorer la productivité ? « Outre l’effet négatif induit par les maladies qu’il génère, le tabagisme est communément accusé dans l’entreprise de faire perdre du temps de travail effectif. L’économiste Harvey Libenstein prône de supprimer les pauses-cigarette dans l’entreprise pour y améliorer la productivité. Mais d’autres études arrivent exactement à l’inverse. A l’instar de celles de John P. Trougakos (professeur d’économie et de management) : comparant la capacité cognitive à un muscle, il démontre ainsi que des périodes « de repos » sont nécessaires entre deux efforts prolongés ». Dans ces conditions, la pause-cigarette aurait du bon …

• Deuxième question : « peut-on réellement faire baisser la consommation de tabac, et donc améliorer la productivité en évitant ses conséquences néfastes sur la santé, uniquement … grâce à la réglementation ? ». Bruno Jérôme, économiste et maître de conférence à Paris II Panthéon-Assas estime que cela pourrait être « rentable », mais … en économie fermée. « Avec la concurrence qui existe sur les prix du tabac, les gens vont le chercher là où c’est moins cher. Quand on réglemente, il y a toujours un impact sur la contrebande et la contrefaçon ».

• Enfin : quel lien entre économie et tabagisme ? Certains économistes l’affirment (quitte à tomber dans les évidences …) : « le niveau de bien-être dépend du moral des agents économiques qui varie en fonction de la croissance. Donc, lorsque la croissance baisse, le tabagisme augmente et l’addiction aussi. Et inversement, quand la croissance augmente, le comportement addictif diminue … ». D’où la question suivante : le problème n’aurait-il pas été pris à l’envers par Bruxelles ? « Avant de tout réglementer, il faut renouer avec une croissance forte qui permettrait aux agents de se sentir mieux et ainsi … ils fumeraient moins » assure l’économiste Bruno Jérôme. Personne n’y aurait pensé …