Le tollé vient du journaliste Tom Chivers, responsable des pages « sciences et sujets de société iconoclastes » du Daily Telegraph. Dans une tribune (sélectionnée par Courrier International de cette semaine) fustigeant le vote, par la puissante British Medical Association, de l’interdiction à vie, de vente de tabac aux gens nés après l’année 2000 (voir Lemondedutabac du 26 juin).
« C’est bien connu, il suffit d’interdire une drogue pour que tout le monde arrête immédiatement de la consommer ! Sauf, que c’est tout le contraire. Il est particulièrement déconcertant que la British Medical Association (BMA), une association de médecins du Royaume-Uni, organise un vote pour décider que le tabac soit interdit à toutes les personnes nées après 2000. Il ne s’agit pas de prohiber l’achat de cigarettes jusqu’à l’âge de 18 ans, mais bien de l’interdire, toute leur vie, à tous ceux qui ont actuellement 13 ans ou moins. Certes, la BMA n’est pas habilitée à adopter une loi, mais elle influence énormément les politiques en matière de santé. C’est pourquoi sa décision n’est pas anodine (…)
« C’est évident, tout le monde convient que fumer est extrêmement mauvais pour la santé (…) Je suis tout à fait favorable à toutes les mesures qui contribuent à faire reculer l’emprise de la cigarette sur la population (…) En revanche, l’interdiction pure et simple est une idée catastrophique. C’était déjà une catastrophe aux Etats-Unis dans les années 1930, car des millions de citoyens honnêtes ont fini par devenir des criminels et un secteur tout entier s’est retrouvé aux mains de gangsters (…)
« Il suffit de s’appuyer sur les preuves factuelles, la santé publique et les dégâts sociaux, pour comprendre que toutes nos tentatives de prohibition, ces derniers siècles, n’ont pas contribué à réduire les dégâts des substances concernées. Les drogues doivent rester légales. C’est leur consommation, leur vente et leur publicité qui doivent être réglementées (…)
« Il existe bel et bien des personnes pour qui la guerre antidrogue est efficace au point qu’il vaille la peine de l’étendre à la deuxième drogue la plus populaire sur la planète. L’industrie mondiale du tabac a enregistré 35 milliards de dollars de profits en 2011. Est-ce vraiment malin de pousser de telles sommes dans les bras des héritiers spirituels de Pablo Escobar ? ».




